Publicité

Cet été, adoptez un Français

©BELGAIMAGE

L'humeur de Bruno Coppens.

J’espère qu’en France, ils ont lancé un numéro vert d’assistance psychologique: "Pour parler à un psy, tapez 1. Pour une séance de méditation, tapez 2. Pour soulager votre colère, Mbappé 3". Depuis le match de lundi, le stress post-traumatique dans l’Hexagone est palpable. Déjà aux élections de dimanche, la France a prouvé que son élite politique la désespérait mais, depuis l’éjection des Bleus de l’Euro, elle doute aussi de son élite sportive! Le coq a mal à son ergot. "Si je dois tomber de haut. Que ma chute soit lente. Tout est chaos…" chantait Mylène. La France est désenchantée.

Pourtant, nos voisins ont-ils conscience qu’en échouant, ils ont réussi à souder d’un coup ce puzzle de 26 cantons qu’est la Suisse? Un État culturellement aussi divisé que Flandre et Wallonie puisque lors d’une votation, si les Suisses romands disent oui, les Suisses allemands voteront "Nein". Les secousses telluriques de lundi, comme les victoires de Roger, fédérèrent plus de 8 millions de Suisses. Merci les Français! 

J’étais lundi à Lausanne pour un enregistrement radio. Pendant le match, j’ai hurlé car j’étais devenu helvète! Comment appelle-t-on ce syndrome? Pas de Stockholm en tout cas. Était-ce ma façon de dire merci à ceux qui nous permettent d’éviter une demi-finale contre la France? Cette victoire suisse est-elle pour les Belges une vengeance par procuration? … Oui, souvent, les Français nous horripilent et plus encore depuis la Coupe du monde. Déjà, ils nous appellent « nos amis belges » comme si nous habitions une de leurs colonies! Et puis, on en a trop bavé d’avoir joué l’éternel invité d’un dîner de cons. Le "frenchmanspreading" exaspère à travers la planète et comme je le dis souvent, Paris est appelé ville-lumière car trop de Parisiens prennent toute lueur d’intelligence pour un éclairage public. 

Le moment de complicité est idéal entre cette nation qui a la folie des grandeurs et notre pays post-it qui en a la phobie.

Toutefois, le monde d’après a bel et bien commencé ce lundi. Les Bleus furent très fair-play. Ils auraient pu râler car la Suisse dans l’Euro, c’est comme Israël à l’Eurovision, l’Arabie Saoudite à la Commission de la condition de la femme à l’ONU ou Mathieu Michel à la digitalisation, un hiatus. Didier Deschamps a déclaré que les Bleus ne méritaient pas d’aller plus loin. Pas d’excuse, genre "On ne s’entendait pas à cause du public!" ou "Il faisait trop chaud!", ils ont rangé leur chauvinisme dans leurs valises et marchent sur le chemin de la résilience. Un exemple illustre pourra les guider en ce sens: Napoléon qui, de Trafalgar à Waterloo, a connu autant de défaites que Manuel Valls est aujourd’hui célébré en héros de la nation! Qui sait si le penalty de MBappé ne sera pas demain dans les livres d’histoire?

En attendant, il faut aider ce pays en sous-France. D’abord parce qu’on ne tire pas sur une ambulance, le logo sur un véhicule de secours représentant d’ailleurs la croix du drapeau suisse. Il ne faudrait pas non plus qu’ils redoublent d’abstention aux présidentielles! Sauvons la démocratie! Alors… Et si vous écriviez à une famille française pour l’accueillir chez vous, l’emmener à la Côte? Le 11 juillet par exemple, jour de finale. Le moment de complicité est idéal entre cette nation qui a la folie des grandeurs et notre pays post-it qui en a la phobie. Dans notre pays de petits hommes bleus, les Schtroumpfs, ils seront les bienvenus les supporters des grands hommes Bleus rentrés la queue entre légende. Nous n’avons pas de stade de foot à la hauteur de nos Diables et eux connaissent la mouise, sorte de "béret-zina", du coup, si ça tombe, nous partageons en ce moment le même taux d’humilité! C’est l’été idéal pour accueillir nos amis français! 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés