carte blanche

Collaborer dans le Benelux, plus vite et plus loin

Président du Benelux Business Roundtable (BBR).

Carte blanche par Eric ter Hark | Président du Benelux Business Roundtable (BBR)*.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg ont prouvé qu’ils veulent et peuvent avoir une influence considérable sur le processus de l’unification européenne. D’abord par la conclusion d’une union douanière pour mettre fin aux conflits commerciaux entre les trois pays et privilégier la croissance économique de la région du Benelux, ensuite comme cofondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (1951) et de la Communauté économique européenne, et par la conclusion du Traité Benelux (1958).

Puisque les trois pays ne souhaitaient pas compromettre leurs ambitions de collaboration et se voyaient précurseurs d’une intégration européenne, ils ont fait inclure, dans le Traité de Rome, la clause suivante: "Les dispositions des traités ne font pas obstacle à l’existence et à l’accomplissement des unions régionales entre la Belgique et le Luxembourg, ainsi qu’entre la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, dans la mesure où les objectifs de ces unions régionales ne sont pas atteints en application des traités (art. 350 du traité UE)." Cette clause accorde, aux trois pays, un privilège dont d’autres associations régionales ne bénéficient pas. Les trois pays ont, en effet, le droit d’aller plus loin et plus vite que les institutions européennes et de prendre des mesures qui s’appliquent aux ressortissants du Benelux, mais pas aux citoyens d’autres pays de l’Union.

Beaucoup des objectifs formulés par le Traité Benelux ont été réalisés dans le cadre de l’Union européenne et la collaboration a apporté prospérité et influence à ses membres.

Après l’Allemagne, la France et l’Italie, le Benelux est la quatrième puissance économique de l’Europe avec un revenu par personne parmi les plus élevés du monde. La région fait partie du top 5 mondial en termes de commerce international. Sa position géographique ainsi que son infrastructure logistique en font le "gateway to Europe".

La crise financière et économique de 2007-2008 a fait apparaître un certain nombre d’imperfections structurelles dans la construction européenne. Leur réparation s’avère longue et difficile et dévie l’énergie et l’attention qui devraient être attribuées au processus de construction d’une Union toujours plus étroite. Les crises internationales, les changements dans les rapports de pouvoir dans le monde ainsi que la sortie du Royaume-Uni compliquent encore plus le redémarrage.

La stagnation de l’unification européenne a des conséquences négatives, surtout pour les petits pays qui subissent un effet négatif lié à leur taille. Et en particulier pour le Benelux, dont l’économie ouverte bénéficie le plus de la disparition des barrières au commerce international.

Vision stratégique

Le Benelux Business Roundtable (BBR), créé en juillet 2015, réunit les patrons de quelques des plus grandes entreprises dans le Benelux, unis dans leur conviction qu’une harmonisation continue des règles, l’utilisation des effets d’échelle, la suppression des barrières inutiles au libre mouvement des biens et services, ainsi que le développement d’une vision stratégique quant au rôle et à la place du Benelux en Europe et dans le monde, sont indispensables pour assurer la croissance et la compétitivité, d’améliorer le climat d’investissement et d’assurer la prospérité dans cette région.

→ Le Benelux doit aller plus vite et plus loin que l’Union européenne pour deux raisons majeures:

1. Renforcer et étendre les acquis d’une collaboration de 70 ans;

2. Augmenter son influence sur le processus de décision dans l’UE dans des domaines importants comme l’énergie, l’infrastructure, le marché unique, la mobilité de l’emploi, la réforme fiscale et financière, l’innovation, la formation et l’éducation.

Par une approche pragmatique et une ambition d’engendrer rapidement les effets bénéfiques concrets pour ses citoyens, le Benelux peut à nouveau jouer un rôle de précurseur. La collaboration étroite avec la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et certains départements du nord de la France ne fait qu’augmenter le potentiel.

Le Traité Benelux donne le cadre juridique et politique, la réalité économique en crée la nécessité.

*Carte blanche cosignée par Luc Bertrand, Ackermans & van Haaren; Wouter de Geest, BASF Antwerp; Michel Wurth, Chamber of Commerce Luxemburg; Philippe van Troeye, Electrabel; Nicolas Saverys, Exmar; Rik Vandenberghe, ING Group; Jean-Pierre Blumberg, Linklaters; Peter Callens, Loyens Loeff; Berry Wiersum, Sappi Europe; Alexis Brouhns, Solvay Group; Geert Duyck, CVC Capital Partners Benelux; Rob Zandbergen, USGPeople; Stefaan De Clerck, Proximus; Dirk Fransaer, VITO; Eelco Blok, KPN; Dick Verbeek, Aon; Roland Teixeira, GE Benelux; Rudi Braes, EY; Ruben Verhoeven, McKinsey; Mart van Bracht, TNO.

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