Comment développer l'intérêt des jeunes pour la défense?

Visant à développer la cohésion sociale dans une société française quelque peu fracturée, le SNU est un projet fédérateur. ©BELGA

Le service national universel (SNU) lancé l’an dernier en France est-il en mesure d’apporter au moins un début de réponse ?

Dans un contexte sécuritaire marqué par des conflits géopolitiques, des tensions, mais aussi une menace terroriste toujours présente, comment assurer aujourd’hui l’intérêt des jeunes pour les métiers de la Défense? Dans plusieurs pays européens, et la Belgique ne fait pas exception, force est de constater qu’il est de plus en plus difficile d’attirer les jeunes vers ces emplois et en particulier vers la fonction militaire proprement dite.

Stéphanie Heng et Alban de la Soudière

La première est politologue et experte en communication; le second est polytechnicien et fonctionnaire international

40% des militaires belges en activité aujourd’hui vont partir à la retraite dans les cinq prochaines années, selon des chiffres du ministère de la Défense relayés par la VRT. En outre, de nombreuses jeunes recrues de l’armée belge démissionnent chaque année, notamment parce qu’elles n’y ont pas trouvé l’intérêt recherché initialement.

Alors, comment développer l’intérêt des jeunes pour la Défense? Le service national universel (SNU) lancé l’an dernier en France est-il en mesure d’apporter au moins un début de réponse?

Les objectifs du SNU français

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40% des militaires belges en activité aujourd'hui vont partir à la retraite dans les cinq prochaines années, selon des chiffres du ministère de la Défense.

Le SNU n’est pas un rétablissement du service militaire suspendu en France en 1997. Il a pour objectifs la cohésion et l’intégration sociales, y compris pour les jeunes issus de milieux défavorisés ou d’origine étrangère, mais également la prise de conscience, par chaque génération, des enjeux de la défense et de la sécurité nationale.

Il doit ultimement permettre de développer la culture de l’engagement et permettre aux jeunes de devenir acteurs de leur citoyenneté.

S’articulant en deux temps, le SNU prévoit, aux alentours de 16 ans, un engagement d’un mois maximum permettant l’aboutissement du parcours citoyen commencé à l’école primaire et poursuivi au collège. Dans un second temps les jeunes, filles et garçons, auront la possibilité de poursuivre un engagement civil voire militaire pendant au moins trois mois.

Un service universel aux allures militaires

Le SNU pourrait-il aussi encourager ou susciter les vocations à une carrière militaire ? L'idée est-elle transposable en Belgique ?
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Une phase pilote du SNU a été lancée en juin dernier, avec quelque 2000 volontaires recrutés. Port d’un uniforme, formation aux premiers secours, parcours en forêt, course d’orientation, préparation aux réactions à avoir par exemple en cas d’attentat, le SNU a des aspects quasi-militaires.

Visant à développer la cohésion sociale dans une société française quelque peu fracturée, le SNU est un projet fédérateur malgré quelques difficultés probables dont le coût d’environ 2000 euros par jeune.

Le service militaire permettait d’identifier les cas d’illettrismes. Cependant ce n’était pas un objectif en soi et il n’y avait pas beaucoup de suivi ou d’actions correctives. Le service national universel pourrait-il prendre la question comme un objectif explicite? Par ailleurs, le SNU pourrait-il aussi encourager ou susciter les vocations à une carrière militaire? L’idée est-elle transposable en Belgique?

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