Comment un petit pays peut être grand

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Le Belge pense souvent trop petit et faire des affaires aux États-Unis lui semble trop compliqué.

L’économie américaine est la première mondiale; celle de la Belgique ne figure pas dans le top 20. Le Produit intérieur brut américain dépasse de 37 fois celui de la Belgique. Et pourtant, les exportations belges vers les États-Unis représentent plus de la moitié de celles des États-Unis vers la Belgique (17 milliards de dollars contre 31 milliards de dollars)! La Belgique, de la taille de l’État américain du Maryland, est aujourd’hui le dixième plus gros investisseur aux États-Unis. La Belgique a injecté 80 milliards de dollars aux États-Unis au travers de sociétés comme Solvay, Umicore, Bekaert, AB InBev, Van Hool (photo)… En tout, pas moins de 160.000 Américains travaillent pour des entreprises belges aux États-Unis. 126.000 Belges font l’inverse, alors que les États-Unis comptent environ 30 fois plus d’habitants que la Belgique. La Belgique, un petit pays? Pas si sûr!

Les auteurs

Marianne Amssoms, Valérie Van den Keybus et Laurence Van den Keybus, Présidente et co-managing directors de Belcham, la Chambre de commerce belgo-américaine.

"Si je peux y arriver ici, je peux y arriver n’importe où" chantait Frank Sinatra. S’établir à New York, et par extension aux États-Unis, est à juste titre l’aspiration de nombreux jeunes entrepreneurs et entreprises belges. Dans la Mecque de l’entreprise où Steve Jobs a entièrement repensé l’avenir de la technologie; Elon Musk a envoyé des fusées dans l’espace et Jeff Bezos a introduit le supermarché virtuel, l’entrepreneuriat international est accueilli à bras ouverts. C’est là que vous voulez être. C’est là que vous devez être. Dans la Silicon Valley. Dans la "Grosse Pomme". Sans oublier des villes comme Chicago, Boston et Austin qui sont des véritables foyers de créativité et d’innovation.

Des sociétés telles que Fluidda, Showpad, DataCamp et Odoo, anciennes lauréates BelCham (Chambre de commerce belgo-américaine) de "la société la plus prometteuse de l’année", l’ont déjà compris et ont étendu leur croissance aux États-Unis. Mais par où commencer une telle aventure?

Malheureusement, le Belge pense souvent trop petit et faire des affaires aux États-Unis lui semble trop compliqué. Il est vrai que les différences culturelles, les exigences financières ou les visas sont des obstacles certains. Le point le plus critique reste le manque de connexions locales. Cependant, ces obstacles peuvent être facilement surmontés et même évités en prenant appui sur les compétences d’experts locaux et en s’entourant d’entrepreneurs qui ont déjà fait le grand saut.

Un "connecteur" est donc essentiel pour renforcer l’ancrage local. BelCham, la Chambre de commerce belgo-américaine, avec ses bureaux à New York et à San Francisco, fait office de "pont" entre le Vieux continent et les États-Unis. Nous célébrons son centième anniversaire d’existence cette semaine et nous avons donc une longue expérience dans l’accompagnement des entrepreneurs belges vers leur rêve américain.

Réseau transatlantique

Au cours des dernières décennies, nous avons mis en place un vaste réseau transatlantique de start-ups et de grandes entreprises, d’investisseurs, d’universités, de mentors et d’experts locaux. L’approche "connecteur" fonctionne. Depuis 2014, quelque 200 start-ups belges ont débuté leurs activités sur le marché américain via nos espaces de travail collaboratif et nos programmes d’accélération. En outre, plus de 750 jeunes professionnels ont lancé leur carrière internationale aux États-Unis grâce à notre programme d’échanges et 400 dirigeants d’entreprise ont pu s’inspirer de nos journées d’innovation et de nos missions de prospection.

Le monde d’aujourd’hui se divise de plus en plus. Le libre-échange et la coopération sont soumis à des pressions croissantes. Dans ce contexte, un petit pays comme la Belgique doit jouer encore plus de ses atouts. Chaque jour, de la conjugaison du talent belge et des opportunités américaines résulte quelque chose de beaucoup plus grand. Du jeune stagiaire qui se forme aux Etats-Unis et qui retourne en Belgique pour créer sa propre entreprise, à la débutante belge qui reçoit son premier investissement américain et recrute des nouveaux collaborateurs de l’autre côté de l’océan: les exemples sont nombreux et les nouvelles opportunités sont gigantesques.

La Belgique est un grand pays. À BelCham, nous savons comment l’aider à aller plus loin. Nous sommes fiers de pouvoir booster le talent belge aux États-Unis. Nous le faisons depuis cent ans. Et nous continuerons à le faire. Plus de croissance, plus d’opportunités, plus de rêves. Oseriez-vous? Êtes-vous prêts?

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