COP 25 : Le défi de la transition énergétique n'est pas l'affaire des seuls gouvernements

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Pour réussir la transition énergétique, nous ne devons pas nous contenter d’attendre que les politiques gouvernementales changent, mais nous devons aussi et surtout associer le secteur privé aux politiques publiques.

  • Emmanuel Laillier est directeur du Private Equity chez Tikehau Capital
  • Pierre Abadie est Investment Executive Director, Transition Energétique chez Tikehau Capital

Ces derniers jours, des chefs d’Etat du monde entier se sont réunis une nouvelle fois pour discuter de l’approche commune à adopter en matière de changement climatique. Les défis d'aujourd'hui sont les risques de demain. Nous avons observé au cours des dernières décennies une augmentation sans précédent dans l'histoire de l'humanité des émissions de CO2 générées par la production d'énergie. Les conséquences de ces émissions, déjà ressenties, vont s’accélérer. Si nous n'agissons pas au cours des prochaines décennies, Jakarta, Londres et New York seront à demi inondées.

Il est essentiel, mais non suffisant, que les politiques publiques et les investissements évoluent.
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Il est essentiel, mais non suffisant, que les politiques publiques et les investissements évoluent. Associer le secteur privé aux politiques publiques est une mesure indispensable, et il est primordial de répartir judicieusement les investissements, comme d’en garantir le niveau requis.

Les gouvernements ont décidé d'agir. Aux termes de l'Accord de Paris de 2015, les gouvernements se sont engagés à investir pas moins de 60.000 milliards de dollars dans le cadre de politiques visant à maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2 °C. Toutefois, malgré ce niveau d'investissement élevé, on table toujours sur une hausse de la température mondiale de 2,7 °C d'ici 2100, ce qui est nettement supérieur à l'objectif de l'Accord de Paris. Dans ce contexte, le niveau d'investissement prévu est-il nettement insuffisant ?

Oui et non. Les recherches de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) font apparaître que nous pourrions nous maintenir à 1,7 °C sous le niveau fixé avec seulement 15 % d'investissements supplémentaires. Le défi consiste à répartir nos investissements de manière à privilégier les entreprises et les solutions ayant un impact immédiat sur l'environnement et les émissions de CO2. Le développement de futures innovations est essentiel, mais la priorité est d'agir aujourd'hui, car les conséquences du changement climatique commencent déjà à devenir irréversibles. Il sera trop tard demain si nous investissons uniquement dans le développement de solutions qui auront un impact dans 10 ou 20 ans.

Nous pensons qu'il faut se recentrer sur les principaux facteurs de réduction des émissions de CO2 identifiés par l'AIE pour atteindre l'objectif de l'accord de Paris. Les leviers recensés englobent l'efficacité de l'utilisation finale de l'énergie, la réforme des subventions aux énergies fossiles, l'investissement dans les énergies renouvelables et la réduction des centrales au charbon les moins écoénergétiques, le passage au nucléaire, ainsi que la réduction en amont des émissions de méthane de pétrole et de gaz. Par-dessus tout, nous ne devons pas nous contenter d’attendre que les politiques gouvernementales changent, mais également investir dans l'élaboration de solutions novatrices et modernisées.

Le défi de la transition énergétique n'est pas l'affaire des seuls gouvernements. C'est un sujet que chacun doit s'approprier.
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Il est indispensable que les entreprises existantes, qui peuvent avoir un impact environnemental immédiat, puissent se financer et proposer de nouvelles solutions pour la transition énergétique. Sont plus particulièrement concernées les PME, véritable socle industriel de nos sociétés, qui opèrent dans les secteurs de la chaîne de valeur de l'énergie non polluante, de la mobilité à faibles émissions de carbone et de l'efficacité énergétique, ainsi que dans les secteurs du stockage et du numérique. L'investissement en fonds propres est un moyen efficace de soutenir les acteurs de la transition énergétique dans leur développement, en leur fournissant un financement immédiat pour libérer toutes leurs chaînes de valeur, mais aussi en les aidant à progresser et à développer des solutions pour permettre leur transition énergétique.

Le défi de la transition énergétique n'est pas l'affaire des seuls gouvernements. C'est un sujet que chacun doit s'approprier. Face à l’évolution de la manière dont nous consommons l'énergie, la transition énergétique est l'une des plus grandes opportunités de l'ère industrielle. Nous devons nous assurer que les entreprises qui mènent cet effort disposent des bons outils et des bons investissements pour y parvenir.

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