Publicité
epinglé

Enquête sur le scandale de l'aspartame

"Le light c’est du lourd, le scandale de l’aspartame et des édulcorants", le nouveau livre de Henriette Chardak.

L’aspartame est partout, à commencer par dans tout ce qui est labellisé "light". Pas étonnant quand on sait que cette substance chimique E951 sucre 200 fois plus que le saccharose, le sucre classique, et que c’est 300 fois moins cher à produire. La journaliste française Henriette Chardak explique comment nous nous sommes vus imposer la consommation de cet édulcorant artificiel dont l’innocuité est pourtant sujette à caution.

L’aspartame a été découvert en 1965 par le laboratoire américain Searle pour en faire un médicament anti-ulcère. En 1985, Monsanto rachète Searle et introduit l’aspartame dans l’alimentation, à commencer par les sodas. Depuis lors, au moins 6.000 produits alimentaires sont agrémentés de ce sucre artificiel, y compris des yaourts, corn-flakes, crèmes glacées ou dentifrices.

Censé diminuer l’apport calorique des aliments, c’est-à-dire combattre l’obésité, l’aspartame agit en fait tout autrement. "La consommation de produits édulcorés à l’aspartame entraîne de l’hypoglycémie et empêche la sensation de satiété, provoquant un besoin compulsif de consommer des hydrates de carbone", explique Corinne Charlier, professeur de toxicologie à l’Université de Liège et membre de l’Académie royale de médecine, dans la préface de l’ouvrage. "Les aliments sucrés sont alors absorbés en plus grande quantité, ce qui conduit à l’apparition d’une surcharge pondérale."

Sous forme liquide et au-delà de 30 degrés, un des deux acides qui composent l’aspartame devient toxique. Or le corps humain est, comme chacun sait, à 37 degrés… L’aspartame est particulièrement nocif pour les enfants, les femmes enceintes (un lien est notamment évoqué avec l’autisme) et les personnes épileptiques. Le produit est également suspecté de favoriser le développement de la maladie d’Alzheimer.

Henriette Chardak pointe le laxisme des pouvoirs publics. Comme dans d’autres dossiers, notamment celui des perturbateurs endocriniens, les autorités européennes s’avèrent plus sensibles aux arguments des lobbyistes industriels qu’à ceux des scientifiques indépendants. Dans le collimateur, on retrouve une fois de plus l’EFSA, l’Agence européenne pour la sécurité des aliments, et son pendant américain, la FDA (Food and Drug Administration), dont l’auteure décortique les méthodes d’infiltration.

Leur ligne de défense est d’ailleurs toujours la même, à savoir qu’il n’existe pas suffisamment d’études établissant la toxicité de l’aspartame. Alors que "près de 80% des scientifiques de l’EFSA ont des liens avec l’industrie agro-alimentaire", dénonce-t-elle. Parmi les 14 membres du conseil d’administration de l’EFSA, Henriette Chardak cite nommément le patron du Boerenbond, Piet Vanthemsche, qui "occupe un poste de direction dans l’Agri Investment Fund et détient des parts dans 19 entreprises liées à l’agro-industrie".

Enfin se pose la question, pour les accros au Coca "light", de comment remplacer l’aspartame ? Une solution existe, semble-t-il, c’est le tagatose, un édulcorant naturel qu’on trouve dans le lait. Seul problème, le tagatose n’est pratiquement pas commercialisé, sauf en… Belgique.

J-P.B.

"Le light c’est du lourd, le scandale de l’aspartame et des édulcorants", Henriette Chardak, éditions Max Millo, 240 pages, 19,90 euros

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés