chronique

Entamer une médiation, c'est comme partir en croisière

Associé, Costmasters - Centre de résolution de conflits

La médiation est comme une croisière en voilier avec une destination et un skipper que les passagers ont choisi.

Par Charles Markowicz
Associé Costmasters - Centre de Résolution de Conflits

Si le mois d’octobre n’est pas synonyme de vacances pour la plupart d’entre nous, il héberge traditionnellement la semaine de la médiation, laquelle est l’occasion de multiples événements promouvant ce processus à travers le pays. Cette méthode alternative de résolution des conflits a désormais la faveur de presque tout le monde, comme partir en voyage, mais cela ne suffit pas à justifier l’analogie.

La médiation a le vent en poupe et ses avantages sont nombreux.
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La médiation a le vent en poupe et ses avantages sont nombreux. Ce n’est pas le gouvernement, son ministre Koen Geens en tête, qui ralentira l’allure, surtout avec la loi du 18 juin 2018 qui favorisera le désengorgement des tribunaux.

Arriver à bon port

La médiation est comme une croisière en voilier avec une destination et un skipper que les passagers ont choisi; s’équipe d’outils de gestion et prépare l’alimentation pour les semaines de navigation; il détermine, avec ses passagers, les étapes au cours desquelles il parlera ou non avec certains d’entre eux. En cas de forts coups de vent, qui peuvent faire prendre du retard ou de l’avance, le skipper trouve des routes alternatives. Il arrive que le bateau subisse une intempérie ou une panne et que chacun rentre seul et déçu chez lui mais la plupart du temps les passagers réalisent leur objectif: arriver à bon port, déposer leurs bagages et se serrer la main pour se dire adieu ou repartir ensemble.

L’analogie entre la croisière et la médiation prend forme au début du processus quand les parties en conflit sélectionnent leur médiateur comme les vacanciers choisissent leur skipper: en fonction de sa spécialisation, de son expérience en médiations, de ses honoraires, et de son approche. Il arrive encore que l’on choisisse un tandem de skippers comme deux co-médiateurs.

Lors de la première réunion de médiation, chacun fait face à des personnes connues et en rencontre peut-être d’autres pour la première fois: par exemple des supérieurs hiérarchiques de ses interlocuteurs habituels, tout comme l’on fait parfois connaissance de conjoints ou autres partenaires à l’entame d’une croisière. En médiation comme sur un voilier chacun joue un rôle actif et s’exprime sur ses désirs; c’est aux médiés qu’il revient de maîtriser le processus, le médiateur ayant pour mission de veiller au grain et de les accompagner vers leur destination.

Comme le skipper

Tout comme le skipper utilise plusieurs outils et techniques, le médiateur exploite des méthodes et moyens de communication auxquels il s’est formé. Il en fait bénéficier les participants pour les rapprocher, parfois sur de grands chapitres et parfois sur de petits points: tant que le bateau avance, il se rapproche de son port de destination.

Au cours des réunions plénières de médiation, chacun exprime sa position à l’autre, c’est un échange de motivations inconnues jusqu’alors, qui mettent parfois en avant des causes du litige jusque-là inconnues. Tout comme les soirées d’une croisière peuvent consacrer des discussions entre convives et ouvrir certaines portes.

La médiation n’est pas toujours un long chemin tranquille. Si les conflits étaient faciles à résoudre, l’appui de spécialistes externes ne se justifierait pas souvent.

Il est fréquent que ceux et celles qui s’engagent dans une médiation soient assistés par des conseillers techniques dont la mission est d’orienter le médiateur et les parties adverses vers une solution qui soit favorable à leur client(e), pour mieux tirer la couverture à eux. En analogie à la croisière, ils agissent un peu comme les matelots chargés de remonter le plus gros poisson dans un filet et pas les autres. Tout le monde mangera, mais leur client peut-être un peu plus ou moins.

La médiation n’est pas toujours un long chemin tranquille. Si les conflits étaient faciles à résoudre, l’appui de spécialistes externes ne se justifierait pas souvent. Il arrive qu’elle prenne plus de temps que prévu, que des obstacles se présentent au médiateur ou même qu’il doive constater que sa mission ne pourra aboutir…

Lorsque le skipper est bien choisi et que les hôtes lui font confiance; lorsqu’ils ont envie de passer un bon moment et d’arriver à destination ensemble; lorsqu’ils comprennent que la partie adverse fait aussi un effort, alors la médiation est un beau voyage.

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