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Et si on se penchait sur les "Men in business"?

Bien plus urgente que l’éveil de l’intérêt des femmes aux STEM ou à l’entrepreneuriat est la prise de conscience de leur départ des milieux professionnels misogynes.

En 2019, le philosophe espagnol Paul B. Preciado s’exprimait devant 3500 psychanalystes. «Vous organisez une conférence pour parler des 'femmes en psychanalyse' comme si nous étions encore en 1917, comme si ce type particulier d’animaux (...) n’avait toujours pas acquis une pleine reconnaissance en tant que sujets politiques, comme si elles étaient une annexe ou une note de bas de page, une créature étrange et exotique, à laquelle il vous faut réfléchir de temps à autre, lors d’un colloque, ou à l’occasion d’une table ronde.»

À chaque fois que je vois passer des évènements 'Women in business '  je me demande quand nous allons enfin nous pencher sur le sujet des 'Men in business'?

C’est depuis lors qu’à chaque fois que je vois passer des évènements «Women in business » – sans nier leur utilité  -  je me demande quand nous allons enfin nous pencher sur le sujet des «Men in business»?

Le changement, cela implique nécessairement une reconnaissance, par les hommes, de leur place universalisée dans le système patriarcal. À ce jour, ils peuvent occuper la quasi-intégralité d’une industrie sans se poser de questions... sauf lors d’une table ronde annuelle, où ils auront leur photo dans la presse. Et cette table ronde se déroulera sans réflexion sur leur pouvoir discursif, mais plutôt avec des remarques creuses sur le prétendu non-intérêt des femmes pour certaines carrières, et les solutions auxquelles ils ont pensé. C’est un non-sens.

En plus de nous demander 'où sont les femmes?', demandons-nous urgemment 'comment faire pour que les hommes cessent de les discriminer?'

Bien plus urgente que l’éveil de l’intérêt des femmes aux STEM (science, technology, engineering, and mathematics) ou à l’entrepreneuriat est la prise de conscience de leur départ des milieux professionnels misogynes. Il s’agit de placer les responsabilités là où elles se situent réellement. En plus de nous demander «où sont les femmes?», demandons-nous urgemment «comment faire pour que les hommes cessent de les discriminer?» Se démener pour qu’elles entrent dans un secteur et ne pas se soucier du fait qu’elles prennent leurs jambes à leur cou au bout de quelques années, c’est de l’énergie perdue, convenons-en.

Alors, en ce début de mars où mon LinkedIn va être submergé (à raison) par le fameux discours «Women in tech ou in business, où sont-elles?», je propose qu’on pose aussi une réflexion sur la position politiquement située (et les privilèges intrinsèques qui en découlent) des «Men in Business. The Boy Bosses. The Men in Tech. The Male Founders.» Il est primordial que nos questionnementsse tournent vers l’étude de l’hégémonie des hommes blancs, de la masculinité toxique, des pratiques insidieuses de harcèlement, du laissez-faire… et les solutions que nous pouvons collectivement apporter à ces problématiques.

Ana Seré
Ecole de codage Le Wagon Brussels

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