Il est temps de passer le témoin aux leaders de demain

©Antonin Weber / Hanslucas

Le monde de demain doit être construit par celles et ceux qui vivront demain. Notre pays regorge de jeunes talentueux, aux profils multiples. Rassemblons-les pour qu'ils réfléchissent ensemble aux enjeux de la société.

« Il n’y a qu’à ». Prenez 30 secondes de votre temps pour y réfléchir. Combien de fois, dans votre entourage, à table lors d’un dîner ou dans une carte blanche comme celle-ci l’avez-vous lue ou entendu cette locution ?

« Il n’y a qu’à ». Nous pouvons, individuellement ou collectivement, être en phase ou non avec les remèdes que nos dirigeants ont apportés à la pandémie. La crise que nous vivons demande néanmoins de dépasser les constats faciles, les slogans trop simplistes et les « il n’y a qu’à ». Au-delà de cette crise, les problèmes complexes auxquels notre société fait face demandent d’apporter des réponses à la hauteur des enjeux.

Les initiateurs du projet "40 under 40".

Nous avons le droit, oui, d’être révoltés face à un système qui ne répond tout simplement plus aux enjeux. Un système qui dérape, trop souvent, vers des propositions qui émanent d’intérêts forts étroits ou d’agendas politiques, généralement de court terme. Un système qui n’arrive plus à transcender l’intérêt particulier à court terme pour l’intérêt collectif à court et à long terme.

Une crise inédite

En quelques mois seulement, le coronavirus et les questions qu’il nous pose encore aujourd’hui a exacerbé les défis de notre temps. Qu’il s’agisse de gestion sanitaire, d’encadrement de la fin de vie et plus largement de travail, de mobilité, d’alimentation, d’inclusion sociale, d’éducation, d’énergie, de climat… Sur tous ces sujets, notre société a besoin d’une vision mobilisatrice, qui soit intégrative et pluraliste.

Les problématiques auxquelles nous faisons face sont profondes et complexes à appréhender. Elles nous mettent au-devant d’importants choix de société : quel secteur d’activité voulons-nous privilégier, demain ? Comment allons-nous équilibrer à l’avenir les principes de sécurité, de santé et de liberté ? Quels sacrifices sommes-nous prêts à consentir pour protéger l’environnement ?

"Pour la première fois de l’ère contemporaine, un événement impacte directement le quotidien de 7,8 milliards d’individus. Au même moment."
Pierre Gurdjian, Gaëtan Hannecart et Laurent Coulie
Initiateurs du projet "40 under 40"

Vous nous direz que ces problèmes sont connus. Que le constat que nous dressons n’est pas neuf, et que le Covid-19 n’y a pas changé grand-chose, outre le fait qu’il les a replacés, ces problèmes, au-devant de la scène.

Vous nous direz que cette génération et les générations précédentes ont traversé d’autres crises, innombrables et multi-facettes. Que nous avons à chaque fois trouvé, dans l’adversité, les moyens pour nous en sortir, nous relever. Vous aurez raison.

Cependant, pour la première fois de l’ère contemporaine, un événement impacte directement le quotidien de 7,8 milliards d’individus. Au même moment. Par son ampleur et la rapidité avec laquelle elle s’est propagée et est parvenue à tous nous atteindre, cette crise nous force à revoir notre rapport au monde et au temps, à le repenser autrement.

Si nous souhaitons que cette crise ouvre la voie à de véritables changements, nous devons parvenir à faire émerger de nouvelles idées, de nouvelles réponses, de nouvelles méthodes. Et peut-être aussi remettre au goût du jour certaines approches qui ont fait leur preuve.

Et nous, entrepreneurs, administrateurs, décideurs de ce que certains appellent déjà « le monde d’avant » devons avoir l’humilité de le dire : le monde de demain doit être construit par celles et ceux qui vivront demain. En 2020, nos solutions ne sont plus nécessairement les bonnes.

La rédaction intergénérationnelle de ce texte en est, pour nous, le témoin : il est temps de passer le flambeau à une nouvelle génération de leaders.

Une génération épatante

C’est notre chance, nos activités nous permettent d’en rencontrer tous les jours. Il y a aujourd’hui - dans le monde, en Europe, en Belgique - une génération épatante de femmes et d’hommes qui détiennent en eux cette flamme de vouloir construire des choses qui sont plus grandes qu’eux.

Notre pays regorge de jeunes talentueux, aux profils multiples, conscients de la complexité des enjeux qui les attendent, qui ont une vision, qui croient dans l’avenir et qui sont capables de transcender leurs différences pour dépasser les « il n’y a qu’à ». Il est temps de leur faire confiance.

Nous ? Nous pouvons, s’ils le désirent, leur apporter humblement nos expériences pour décupler les énergies, les aider à additionner leurs talents et à construire ensemble un futur autre.

Vous ? Avec vos parcours de vie, leur dire : le monde est à vos pieds, c’est à vous d’y aller, nous sommes-là pour vous accompagner.

Quand on a eu la chance de beaucoup recevoir, il faut savoir transmettre.

"Notre pays regorge de jeunes talentueux, aux profils multiples et qui sont capables de transcender leurs différences pour dépasser les « il n’y a qu’à ». Il est temps de leur faire confiance."
Pierre Gurdjian, Gaëtan Hannecart et Laurent Coulie
Initiateurs du projet "40 under 40"

Un moment à saisir

Il faut saisir ce moment. Cette carte blanche, c’est un appel aux leaders de cette génération et à ceux de la génération suivante. C’est un parti pris intergénérationnel.

Rassemblons ces trentenaires qui nous épatent, mais qui n’ont pas toujours conscience de l’impact que peuvent avoir leurs actions et qui, surtout, ne disposent pas des plateformes et des forums pour co-créer. Passons-leur le témoin. Offrons-leur l’opportunité de faire mieux. Soyons leurs coachs et mentors mais ne nous mettons pas (plus) à leur place.

Cela pourrait, par exemple, prendre forme par la création d’une communauté de 40 leaders sociétaux de moins de 40 ans qui réfléchiraient ensemble aux enjeux de la société. Ils se porteraient candidats avec leurs idées et leurs actions. Ils seraient sélectionnés par un jury d’expérience, prêt justement à transmettre cette expérience. Nous les réunirions pour échanger et apprendre les uns des autres. Ensemble, ils s’engageraient dans une démarche intense et accélérée de développement personnel centrée sur le sens, la responsabilité sociétale et l’impact. Les « 40 under 40 ».

Et si, pour une fois, « il n’y avait qu’à » ?

Pierre Gurdjian, Gaëtan Hannecart et Laurent Coulie
Initiateurs du projet "40 under 40"

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