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Israël est-il prêt pour un changement de leadership?

Benny Gantz, favori des élections israéliennes début avril. ©EPA

Si le changement se produit en Israël ce printemps, au moment des élections, il s'agira davantage d’un changement de personnalité que d'idéologie.

Par Yossi Lempkowicz
Senior Media Advisor Europe Israel Press Association (EIPA)

Des élections législatives anticipées auront lieu en Israël le 9 avril prochain. L’actuel gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou est en place depuis mai 2015. Le Premier ministre a été élu quatre fois et dirige le pays depuis dix ans. S’il est réélu, il va même surpasser David Ben Gourion en longévité au poste de Premier ministre.

Mais cette fois-ci, la donne est apparemment différente… Depuis plusieurs mois, on se demande qui dans le landerneau politique israélien est capable de détrôner Netanyahou de son poste à l’exception d’une poursuite judiciaire dans le cadre d’une affaire présumée de corruption.

Selon tous les experts, Gantz, 59 ans, est la personne la plus susceptible de succéder à Netanyahou.

La réponse est venue d’un général, Benny Gantz, ancien chef d’état-major de Tsahal, l’armée israélienne, qui a lancé son nouveau parti "Hosen L’Yisrael" (Résilience d’Israël).

Selon tous les experts, Gantz, 59 ans, est la personne la plus susceptible de succéder à Netanyahou. Celui qui a dirigé l’armée israélienne de 2011 à 2015 a lancé sa campagne électorale avec un discours au ton jugé positivement par beaucoup d’observateurs. Depuis lors, les sondages en sa faveur ne font que grimper. Mais Gantz a encore beaucoup de chemin à faire et de nombreux pièges à éviter pour pouvoir vaincre Netanyahou le 9 avril.

Benjamin Netanyahou ©EPA

Jusqu’à présent, celui qu’on surnomme "Bibi" se démarquait de tous ses rivaux en matière de sécurité et autres lettres de créance nécessaires pour faire face aux défis stratégiques d’Israël. Même si ses critiques répugnent à le reconnaître, ses dix dernières années au pouvoir ont été un succès.

Sous sa direction, Israël est devenu plus fort et moins isolé au fur et à mesure que ses initiatives diplomatiques ont conquis des alliés de l’État juif parmi les anciens ennemis du monde arabe, en Afrique et en Asie. En Europe il a créé des alliances avec les pays d’Europe de l’est et centrale.

L’alliance avec les États-Unis n’a jamais été aussi étroite. L’économie israélienne est en plein essor. Dans ces circonstances, on est en droit de se demander pourquoi les Israéliens seraient-ils à la recherche d’un nouveau Premier ministre?

Les sondages montrent que le Likoud, le parti de Netanyahou est crédité de beaucoup plus de soutien que n’importe quel autre parti. Mais les chiffres ne sont pas suffisants pour expliquer ce qui pourrait se passer au cours de ces élections.

Bientôt les élections en Israel. ©AFP

Si la cote de popularité de Gantz grimpe, c’est que les électeurs israéliens ne sont pas différents de ceux de toute autre démocratie. Ils ne pensent pas que les dirigeants devraient rester en place pour toujours.

Nouveau visage doté d’un excellent curriculum vitae militaire, Benny Gantz est l’antidote idéal à la "fatigue" de Bibi. Dans son, premier discours de campagne électorale, Gantz a remercié Netanyahou pour ses dix ans de bon service et a lancé "Maintenant c’est à notre tour." Il a supplanté Yair Lapid du parti centriste Yesh Atid en tant que principale alternative à Netanyahou.

La position de Gantz sur le processus de paix est centriste dans la terminologie israélienne mais sur le plan sécuritaire il est plutôt à droite, rejetant tout retrait du Golan, des blocs d’implantation en Cisjordanie, de Jérusalem-Est et considérant la vallée du Jourdain comme la frontière de sécurité d’Israël. "Jérusalem restera à jamais la capitale" d’Israël, a-t-il affirmé.

S’il bat le Premier ministre, ce ne sera pas parce qu’il proposera une politique très différente, mais parce qu’il jouit d’une réputation plus nette et reposant plus ou moins sur les mêmes positions.

Dans l’une de ses premières décisions politiques, il a rejeté une alliance avec l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni car il la percevait comme trop identifiée à la gauche. Par contre, pour tenter de capter des électeurs à droite, donc au Likoud, il a accepté une alliance avec l’ancien ministre de la Défense Moshe Ya’alon, un critique acerbe de Netanyahou depuis qu’il a été contraint de quitter son poste ministériel. Les quelques déclarations publiques de Benny Gantz ont semblé conçues pour rassurer les électeurs israéliens sur le fait qu’il fait partie du même consensus que celui qui a élu Netanyahou lors des trois dernières élections.

S’il bat le Premier ministre, ce ne sera pas parce qu’il proposera une politique très différente, mais parce qu’il jouit d’une réputation plus nette et reposant plus ou moins sur les mêmes positions.

Si le changement se produit en Israël ce printemps, il s’agira davantage d’un changement de personnalité que d’idéologie.

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