La blockchain pour sauver notre planète?

Comme on le voit avec les nombreuses marches pour le climat, il existe une réelle demande de la part des citoyens d’être conscientisés voire même impliqués dans les processus de compensation de ce qu’ils consomment. ©BELGA

Un des grands avantages de la technologie blockchain est son absence d’intermédiaire et par conséquent la diminution des barrières à l’entrée. S’il y a bien un marché pour lequel celles-ci sont importantes, c’est celui des émissions de carbone...

Après avoir fait la Une des journaux fin 2017 avec un cours approchant les 20.000 dollars, le bitcoin se fait désormais plus discret malgré une belle reprise du cours début 2019.

Olivier Colin

Conseiller au Centre Jean Gol

Derrière le bitcoin, c’est pourtant toute une technologie qui n’attend pas de faire la Une des journaux pour se développer et qui s’apprête à révolutionner de nombreux secteurs.

Le mois dernier par exemple, le Luxembourg a réalisé sa première transaction immobilière en utilisant la blockchain Ethereum sur le principe de "l’immobilier à jetons": permettre à des investisseurs d’acheter et détenir une partie des droits de propriété via des "token" sans nécessairement devoir investir des sommes colossales. Une sorte de titrisation ouvrant la porte à de nouvelles perspectives d’investissement et pouvant permettre de transformer de nombreux actifs illiquides.

La "tokenisation" pour un marché mondial du carbone

La "tokenisation" de notre économie est en route et la blockchain semble présenter de nombreux atouts. Un des grands avantages de cette technologie est son absence d’intermédiaire et par conséquent la diminution des barrières à l’entrée. S’il y a bien un marché pour lequel celles-ci sont importantes, c’est celui des émissions de carbone.

©Belgaimage

Ce marché consiste à attribuer des "quotas" d’émissions aux entreprises dans le but de réduire leur impact environnemental. Les entreprises qui utilisent moins de quotas peuvent les revendre, et vice versa.

Il présente de nombreux problèmes. Tout d’abord, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de plateforme mondiale pour le marché carbone et les marchés existants présentent des stades d’évolution et des régulations très différents, avec un manque de transparence et des problèmes de crédibilités à la clé (fraude, double comptage,…).

L’utilisation de la blockchain permettrait de résoudre certains de ces problèmes et la tokenisation pourrait aboutir à un marché mondial standardisé et simplifier les transactions. Elle pourrait même permettre à des ménages de s’échanger des allocations carbone afin de respecter les objectifs d’émission au niveau national ou mondial.

Impliquer les consommateurs dans la compensation

Autre problème majeur: le marché du carbone n’existe aujourd’hui qu’au niveau macro, et les consommateurs sont incapables d’y prendre part et de prendre conscience de leur impact.

Pourtant, nous l’avons vu avec les nombreuses marches pour le climat, il existe une réelle demande de la part des citoyens d’être conscientisés voire même impliqués dans les processus de compensation de ce qu’ils consomment.

Dans cette optique, la blockchain peut également permettre de développer des outils pouvant déterminer les émissions de carbone à l’échelle d’un produit.

Les deux cofondateurs de Ben & Jerry's ©AFP

Le consommateur pourrait, à l’aide d’une application mobile, suivre l’impact carbone de ses achats et éventuellement choisir son type de compensation. La célèbre marque Ben & Jerry’s a par exemple lancé récemment un projet pilote dont l’idée est simple: le client peut payer quelques centimes additionnels sur l’achat d’une glace en échange de crédits carbone représentant l’impact environnemental de cette glace. Ces crédits sont ensuite utilisés dans le cadre d’initiatives de reforestation.

L’utilisation de la blockchain empêche le double comptage et assure l’uniformité entre les différentes juridictions.

De la même manière que la titrisation offrait au secteur financier des opportunités de développement, la blockchain présente un potentiel énorme.
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Ces possibilités ne représentent qu’une partie des nombreuses opportunités offertes par la blockchain pour aider à conserver notre environnement, comme le souligne un récent rapport du Forum économique mondial qui met en avant plus de 65 cas d’utilisation pour notre planète.

De la même manière que la titrisation offrait au secteur financier des opportunités de développement, la blockchain présente un potentiel énorme.

L’histoire des subprimes nous rappelle que ces innovations n’ont pas toujours été utilisées à bon escient. Puissions-nous ne pas reproduire ces erreurs.

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