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La censure chinoise contribue à la propagation du coronavirus

Revue de presse du Wall Street Journal

Le président chinois Xi Jinping a reconnu dernièrement que la "propagation accélérée" d’un nouveau coronavirus constituait une "situation grave". Si malgré les mesures de confinement prises, cette épidémie devait se transformer en catastrophe, le culte de la personnalité autour de M. Xi et les efforts du régime communiste pour contrôler l’information auraient une lourde part de responsabilité.

En guise de précédent, il suffit de se souvenir de 1918, lorsque la grippe espagnole a éclaté au milieu de la Première Guerre mondiale. Dans les pays où elle a fait surface à l’origine tout avait été fait pour en minimiser l’impact. Trois vagues de grippe espagnole ont ainsi déferlé sur la planète, facilitées par la censure et le secret. Les résultats ont été catastrophiques: 50 millions de personnes ont été tuées.

Parce que le Parti communiste chinois se soucie davantage de son contrôle social que du bien-être du peuple chinois, une situation similaire est imaginable aujourd’hui. La Chine n’a pas de médias indépendants et pratique une censure stricte, même en temps de paix. Le virus s’est propagé au Xinjiang, où le gouvernement détient plus d’un million de Ouïghours dans des "centres de rééducation" très peuplés. Pékin a aussi empêché Taïwan de participer à une discussion de l’Organisation mondiale de la santé sur l’épidémie. Pendant ce temps, la police chinoise interroge les gens pour avoir "répandu des rumeurs" sur les médias sociaux à propos du virus.

Deux jours avant que le gouvernement de Wuhan ne révèle la gravité de l’épidémie, il avait organisé des "repas-partage" pour plus de 100.000 personnes. Le 10 janvier, un expert du gouvernement déclarait encore à la télévision publique CCTV que le virus était "sous contrôle" et était "bénin". Le journal le plus vendu de Wuhan n’a, lui, fait sa Une sur l’épidémie que près de trois semaines après les premiers cas.

Les analystes soupçonnent en réalité que le nombre de personnes infectées est aujourd’hui supérieur de plusieurs milliers aux 1.400 cas actuellement confirmés. La leçon de 1918 est que le secret peut tuer. Le communisme chinois menace le monde d’une catastrophe médicale massive.

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