carte blanche

La traduction du budget mobilité? "Par ici la monnaie"

L'idée d'un budget mobilité continue de nous enthousiasmer, mais un budget qui soit digne de ce nom.

Par Dirk Wijns,
Director - Acerta Consult

Chaque jour, 94 nouvelles voitures de société rejoignent les routes, c’est ce qui ressort des chiffres du SPF. 445.419 voitures salariales sont aujourd’hui en circulation et en moins de dix ans, le nombre de voitures de société a augmenté de 54%. Le gouvernement Michel s’est accordé sur l’introduction du budget mobilité. Une bonne idée, pourrait-on croire. La mobilité est un sujet brûlant, un acteur clé tant pour notre santé que pour notre économie. Pourtant, l’enthousiasme nous fait défaut.

Le terme "budget mobilité" sonne plus ambitieux que ce qu’il est devenu. Il ne concerne en effet que les voitures de société. Le groupe cible reprend uniquement les personnes qui disposent d’une voiture de société depuis longtemps. Tout sauf ambitieux. En outre, il ne s’agit pas d’un budget qui permette au travailleur d’organiser sa mobilité. Il s’agit purement d’échanger la voiture de société contre du liquide, soit de transformer la voiture salariale en salaire. Rien n’indique à quoi doit servir ce salaire. Il est donc tout à fait possible de l’utiliser pour acheter une voiture "propre" ou non. Avec une voiture de société, vous êtes au moins sûr qu’elle est récente et respecte les normes actuelles. Une voiture privée peut être moins durable. Non, ce budget mobilité n’aide personne.

©RV DOC

Peut-être nous faisons-nous un sang d’encre pour rien, car le budget mobilité reste très facultatif. Le travailleur qui dispose d’une voiture de société est libre de refuser l’offre d’octroi d’un budget mobilité de l’employeur. Il se peut donc très bien que rien ne change en 2018, quand celui-ci entrera en vigueur.

Une enquête auprès du panel Acerta d’employeurs portant sur cette proposition concrète montre que ces employeurs pensent que dans 50% des entreprises, aucun travailleur n’accepterait l’offre. Un bon 30% des employeurs estime qu’elle n’intéresserait que 10% des travailleurs.

L’idée d’un budget mobilité continue pourtant de nous enthousiasmer, mais un budget qui soit digne de ce nom. Le Conseil national du travail a déjà formulé une proposition alternative, où l’option de remplacement de la voiture de société devrait avant tout miser sur les moyens de transport durables. Un exemple peut être une voiture de société plus petite que celle que le travailleur conduit actuellement combinée à l’utilisation d’autres moyens de transport durables (les transports en commun, le vélo, mais aussi le covoiturage…). C’est un début, mais nous voulons aller encore plus loin. Nous plaidons pour la création d’un budget mobilité pour chaque travailleur qui stimule les choix de la mobilité durable. Si nous voulons régler le problème des embouteillages et de l’air pollué, voilà la marche à suivre.

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