La transition énergétique en otage

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Alors qu’en Belgique la lumière risque de s’éteindre et que le changement climatique semble inévitable, l’année 2019 risque d’être l’année de la stagnation sur le plan politique. C’est difficilement compréhensible pour le citoyen lambda.

Par Christophe Degrez, CEO Eneco

 

Mes enfants sont encore à l’école primaire, mais comme 433.000 autres spectateurs de Youtube, ils connaissent le discours de leur contemporaine Greta Thunberg. Cela va beaucoup plus loin que l’idée d’avoir à éteindre la lumière lorsqu’ils quittent la pièce ou de fermer la porte pour économiser la chaleur. Après tout, le watt le plus vert est celui que nous ne produisons pas. Cependant, même une modeste directive des États européens sur la réduction de la consommation d’énergie ne pouvait pas compter sur l’approbation de la Belgique il y a quelques semaines. Au lieu de cela, nous avons assisté à un autre spectacle honteux auquel chacun pouvait expliquer à tour de rôle pourquoi le vote opposé était principalement la faute de l’autre.

Choix clair

Après des mois de querelles, nous avons à présent officiellement un gouvernement en affaires courantes. Il y a encore une longue liste de scénarios possibles sur la façon de gérer notre politique énergétique, mais nous ne savons toujours pas quand un autre gouvernement pourra mettre en œuvre ses plans à l’unanimité et à pleine capacité. Ou pas.

En fait, avoir un gouvernement en affaires courantes est un choix clair et sans équivoque en matière de politique énergétique. La Belgique devra donc maintenir ses centrales nucléaires ouvertes plus longtemps après 2025. Il n’y aura pas de nouvelles unités de production, en raison de l’absence d’une politique d’investissement stable. Les nouveaux investissements dans le parc éolien en mer ne seront plus engagés puisque nous n’avons plus de gouvernement. C’est dommage, mais il s’agit d’un choix très clair. Un choix qui n’a malheureusement rien d’un choix à long terme. Parce que la transition vers une énergie durable est irréversible et nécessaire pour notre planète. Le flot constant de signaux d’alarme concernant notre climat devrait être un argument clair en ce sens, rendant le reste secondaire. Mais hélas…

Pour des mesures courageuses

Chaque jour j’essaie, avec d’autres, d’accélérer la transition écologique dans mon propre secteur. Mais sans une politique résolue et ferme du gouvernement, et sans mesures courageuses et globales qui poussent l’ensemble de la société dans la bonne direction, les entrepreneurs n’y réussiront pas.

Alors s’il vous plaît, n’utilisons pas le gouvernement en affaires courantes comme excuse pour ne pas commencer à construire des alternatives aux centrales nucléaires. Nous devons agir maintenant sinon nous nous retrouverons dans une situation où, dans deux ans, nous dirons une fois de plus: nous n’avons pas d’autre choix que de maintenir les centrales nucléaires ouvertes et de toute façon, nous n’avons pas le temps de songer à une alternative maintenant.

Ce serait une bonne résolution pour la Nouvelle Année que de voir les partis s’entendre pour placer la question climatique parmi les priorités, et le faire sans attendre. Au début du mois de décembre, plus de 65.000 personnes se sont rassemblées pour une marche pour le climat. À la fin du mois, les organisateurs relancent un nouvel appel au rassemblement. Dans l’intervalle, très peu de choses se seront passées sur le plan politique, parce que le gouvernement est trop préoccupé par lui-même.

Pour 2019, je souhaite à tous les électeurs responsables, à nous-mêmes et surtout aux générations futures, des équipes gouvernementales qui oseront prendre le taureau par les cornes.

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