La ville de demain va "orchestrer" la mobilité

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La ville du futur est une ville qui " orchestre " la mobilité et qui ne prend pas tout à son compte ou qui ne décrète pas des règles trop strictes.

Par Joël Hazan
Partner & Managing Director du Boston Consulting Group et fondateur du groupe de réflexion ‘Mobility Nation’

Les villes sont aujourd’hui confrontées à toutes sortes d’acteurs de la mobilité: les trottinettes partagées (par exemple Lime et Bird), les vélos partagés, les applications de taxis partagés et les voitures partagées (en "free float" ou non) deviennent peu à peu des éléments familiers de notre paysage urbain, à la grande joie — ou au grand désespoir — de bon nombre de citadins et travailleurs qui se rendent dans les grandes villes.

Une réponse adaptée du secteur public — administrations communales et transports publics — se fait pourtant encore trop attendre à ce stade. Et cela alors que le potentiel des nouveaux modes de mobilité est grand et qu’il dépend irrémédiablement de la prospérité et du climat.

Les scénarios se limitent le plus souvent à soit attendre et "laisser faire", soit édicter des règles trop sévères, voire restrictives. Cela ne débouchera, dans aucun des deux cas, sur une mobilité urbaine améliorée et moins lourde.

Une étude du Boston Consulting Group a constaté que les nouveaux modes de déplacement n’ont jusqu’à présent entraîné qu’une faible réduction des émissions de CO2. Parallèlement, les trottinettes abandonnées un peu n’importe où et l’absence d’un système de paiement unique pour tous les moyens de transport sont des sources d’irritation bien connues chez les utilisateurs et les habitants.

Un service public et un fournisseur de services de mobilité poursuivent des buts différents, voire opposés.
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Il ne faut pas s’étonner: un service public et un fournisseur de services de mobilité poursuivent des buts différents, voire opposés.

Toujours d’après cette analyse, le pouvoir public considère la mobilité dans le cadre d’une stratégie de "modération des ressources": autrement dit, amener autant de personnes que possible d’un point A à un point B avec le minimum de voitures, de ponts, de lignes ferroviaires et de rames de métro.

Les entreprises privées, quant à elles, vivent d’une "multiplication des ressources": parcourir la plus grande distance possible, vendre et/ou louer autant de voitures que possible, mettre autant de véhicules que possible à disposition,…

Il est grand temps de mettre fin au chaos généré par les nouveaux modes de mobilité dans les villes et de collaborer avec les acteurs de la mobilité.

Afin de sortir de cette impasse, la balle est dans le camp des autorités: elles doivent convaincre, de la manière la plus optimale qui soit, les citoyens de la valeur de tous les services de mobilité – et tenir compte de facteurs tels que l’inégalité sociale et économique. Il est donc grand temps de mettre fin au chaos généré par les nouveaux modes de mobilité dans les villes et de collaborer avec les acteurs de la mobilité.

La ville du futur est une ville qui "orchestre" la mobilité et qui ne prend pas tout à son compte ou qui ne décrète pas des règles trop strictes. Il faut bien entendu un minimum de législation, mais ce n’est pas suffisant: il s’agit aussi de mesurer des résultats, d’intégrer les modes de mobilité existants et nouveaux, et de veiller, par le biais de stimuli adéquats – des campagnes ou des réductions pour certains groupes — à ce que les consommateurs adaptent leur comportement.

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