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Le livre de la semaine

La société sans répit. La mobilité comme injonction. Par Christophe Mincke et Bertrand Montulet, Ed. Sorbonne, 180 p, 20 €.

Il y a peu, l’idéal de vie supposait stabilité, régularité, ancrage. Bref, limites et sécurité. À présent, on n’en a que pour le changement, la flexibilité, la proactivité, l’adaptabilité. Sans oublier la fameuse "activation". Dans cette accélération, nos rapports à l’espace et au temps, mais aussi à autrui, s’en trouvent bouleversés.

Ces nouvelles injonctions touchent tous les domaines de l’existence: la vie amoureuse et familiale, le rapport aux frontières ou à son propre corps ("Bougez!"), le monde du travail ou la question du genre. Pour tous ces nouveaux "mobiles" de la vie et du travail, le burn-out, quand cette mobilité permanente est subie, n’est pas loin. Qu’en est-il de ce nouvel idéal de mobilité tous azimuts qui se fait passer pour l’horizon moderne de la liberté?

"Nous assistons à une modification importante du rapport social à la mobilité et celle-ci est liée à une évolution des représentations sociales de l’espace-temps. Ces changements ne concernent pas uniquement la question des représentations sociales, c’est-à-dire la manière dont le réel est perçu et conçu, mais elle implique également une modification des prescriptions sociales. Cela signifie qu’un glissement s’opère de la construction d’une description collective à celle d’une normativité sociale. Il nous semble en effet qu’un changement affecte, non seulement la façon dont la mobilité est conçue, mais également celle dont elle est imposée (ou interdite). Nous défendons l’idée de l’émergence d’un idéal mobilitaire fondé sur la valorisation de la mobilité pour elle-même". Bienvenue à l’ère du flux continu.

E.B.

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