Le meilleur défenseur de l'environnement, c'est Trump

Donlad Trump. ©EPA

La contribution la plus significative de M. Trump à la préservation de l'environnement, c'est l'instauration d'une politique néo-protectionniste, qui prend pour cible à peu près tout le monde en général et la Chine en particulier.

Al Gore a reçu le Prix Nobel de la paix pour quelques conférences, alors qu’attend-on pour le donner au Président Trump, l’homme qui en fait le plus sur terre pour lutter contre un réchauffement climatique dont il nie l’existence?

Marc Dufosset

Licencié en Droit
Master of Comparative Law
Administrateur-délégué de la S.A. ARPEC

La contribution la plus significative de M. Trump à la préservation de l’environnement, c’est l’instauration d’une politique néo-protectionniste, qui prend pour cible à peu près tout le monde en général et la Chine en particulier. Le Président américain fustige, non sans raison, un déséquilibre commercial avec l’empire du milieu, et entreprend de rétablir l’équilibre en augmentant les tarifs douaniers, notamment. Bien sûr, la Chine réplique en faisant de même.

Le premier effet de cette guéguerre commerciale est de contrecarrer la croissance. En 2014, l’OCDE rappelait que le commerce ainsi que l’expansion des chaînes de valeur mondiales stimulent la croissance grâce à une productivité accrue, en encourageant l’innovation et en favorisant l’expansion des entreprises plus productives. A contrario, les mesures protectionnistes entraînent des hausses de prix, des baisses de revenus réels et un fléchissement de la productivité. Or, freiner la croissance, c’est ce que de nombreux défenseurs de l’environnement préconisent pour limiter les gaz à effet de serre. M. Trump va donc dans leur sens.

Plus on gagne, plus on consomme, plus on achète

Si le président des Etats-Unis souhaite taxer les produits importés, c’est aussi dans l’espoir de rapatrier la production de biens de consommation, afin de préserver des emplois aux Etats-Unis, voire d’en créer. Il défend ses électeurs, ce qui relève du principe même de la démocratie. Or, la délocalisation et l’externalisation de la fabrication de biens ont prodigieusement réduit la pauvreté au niveau mondial. En 1981, 42,1% de la population mondiale vivait dans un état d’extrême pauvreté. En 2015, il ne s’agissait plus que 9,9% de la population mondiale.

La relocalisation aux Etats-Unis de biens de consommation réduira l’empreinte carbone de ces biens.

Pour le climat, il n’y a rien de pire que la richesse, même quand celle-ci est toute relative. Plus on gagne, plus on consomme, plus on achète de biens manufacturés… Bref, plus on gagne, plus on produit de dioxyde de carbone. Ce dernier contribue à l’effet de serre et le climat se dérègle.

En revanche, le maintien ou le rapatriement d’unités de production aux Etats-Unis est de bon augure pour le climat. En effet, même en cas d’augmentation du PIB américain, celle-ci sera vraisemblablement accaparée par la population la plus aisée, avec moins de conséquences sur la production de dioxyde de carbone et donc sur le climat. Comme l’ont montré Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, les revenus modestes (ceux des 50% de la population qui gagnent le moins avant impôt) n’ont pratiquement pas progressé aux Etats-Unis de 1962 à 2014, alors que globalement, les revenus augmentaient de 61%.

Enfin, la relocalisation aux Etats-Unis de biens de consommation réduira l’empreinte carbone de ces biens. Quand bien même nous ne prendrions en compte que la production elle-même, à l’exclusion du transport, il y aurait réduction de l’empreinte carbone.

Alors, certes, le Président américain a autorisé l'emploi de bombes au cyanure contre les loups et les coyotes, mais ceux-ci sont de toute façon voués à rejoindre les ours polaires au rayon des descentes de lit.

En effet, la production marginale d’électricité aux Etats-Unis recourra principalement au gaz naturel et un peu aux énergies renouvelables, alors que la production moyenne d’électricité en Chine repose à 72% sur le charbon.

Alors, certes, le président américain a autorisé l’emploi de bombes au cyanure contre les loups et les coyotes, mais ceux-ci sont de toute façon voués à rejoindre les ours polaires au rayon des descentes de lit. Que cela ne nous empêche donc pas de lui savoir gré de l’impact positif de sa politique sur le climat.

Une question économique, ici les effets de mesures protectionnistes, s’enrichit d’une réflexion sur ses conséquences environnementales, avec tous les paradoxes que cela suppose et toutes les objections morales que cela peut soulever. Parallèlement, toute réflexion sur le changement climatique devrait comprendre un volet sur les aspects économiques, sociétaux et éthiques des phénomènes observés et des mesures préconisées.


Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect