Les énergies renouvelables ne peuvent être le dindon de la farce!

©Photo News

Considérer la gestion de la transition énergétique comme un nœud gordien qu’il faut trancher ne peut mener qu’à des solutions radicales et outrancières, et à des impacts catastrophiques sur l’ensemble des filières d’énergies renouvelables en développement.

Carte blanche de la Fédération interprofessionnelle belge du bois énergie (Febhel)

Soyons clairs: nous sommes aujourd’hui confrontés à une bulle de certificats verts, principalement causée par l’erreur commise en 2007 par le ministre André Antoine, qui a fait preuve de largesses excessives pour que les particuliers puissent installer des panneaux photovoltaïques et que ceux-ci bénéficient de rendements impossibles à tenir dans le temps. Cette situation doit être résolue d’une façon concertée et intelligente. L’effet d’annonce qui consiste à prôner l’anéantissement pur et simple du système des certificats verts – toutes filières confondues – ne fait que retarder un véritable débat (voir "Le rapport polémique pour en finir avec la bulle photovoltaïque" dans L’Echo du 7 février).

Si la question est complexe, nous demandons à monsieur Ernst, avec tout le respect nécessaire pour son expertise, de garder à l’esprit un constat très simple: sans soutien adéquat et réfléchi, notamment en fonction des spécificités de chaque technologie renouvelable, il n’y aura plus d’investissements dans celles-ci! La voie royale pour le secteur nucléaire et le développement des énergies fossiles polluantes et importées (fioul et gaz). Est-ce là la volonté dans un contexte de transition énergétique obligatoire!?

La transition énergétique passe par la chaleur

La synergie entre les énergies renouvelables doit être l’axe de travail principal de la révision du système de soutien actuel. Concrètement, cela veut dire traiter chaque filière séparément en fonction de ses spécificités propres. Et les traiter ensemble en fonction de leur capacité à rejoindre les objectifs européens en matière d’énergie électrique mais aussi d’énergie thermique (chaleur), qui reste éternellement le parent pauvre du débat actuel.

La Febhel (Fédération interprofessionnelle belge du bois énergie) insiste notamment sur les points suivants:

  • les réseaux chaleur, autrement mis à l’honneur dans les pays voisins tels que le Luxembourg, ne font l’objet d’aucun soutien en Belgique;
  • outre la production d’électricité, la contribution des systèmes de co- (électricité et chaleur) et tri-génération (électricité, chaleur et froid) réside dans la production et la consommation de chaleur – celle-ci n’est que bien trop marginalement prise en compte;
  • les projets produisant uniquement de la thermie ne sont pas reconnus voire comptabilisés dans l’équation énergétique aujourd’hui. Et pourtant, les chiffres cumulés de ces projets donnent le tournis.

La durabilité d’un point de vue environnemental et socio-économique

La maîtrise de la combustion du bois dans des installations de dernier cri permet aujourd’hui d’excellents rendements, le respect des normes les plus strictes en matière environnementale et atmosphérique, ainsi qu’un bilan carbone neutre.

L’électricité produite via des co- et tri-générations biomasse est réinjectée de façon stable sur le réseau 24h/24, 7j/7, et la production électrique des turbines est aujourd’hui modulable à la hausse et à la baisse. Ceci est une bonne nouvelle quand on sait que le principal frein au développement des énergies renouvelables est l’instabilité qu’elles peuvent générer sur le réseau de distribution électrique (solaire et éolien).

N’oublions pas également l’importance et l’impact socio-économique lié au développement de notre indépendance énergétique aux énergies fossiles, et à la valorisation, par le public et le privé, d’une magnifique ressource couvrant plus de la moitié du territoire wallon: le bois (provenant de forêts gérées durablement et de co-produits de l’industrie).

"Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage!" (N. Boileau)

Doit-on s’étonner encore que "les énergies les plus polluantes sont cinq à six fois plus subsidiées dans le monde que les énergies renouvelables" (source: APERe, l’Association pour la promotion des énergies renouvelables)? S’ouvrir à la taxe carbone appliquée aux énergies fossiles, comme le fait notamment de plus en plus la France selon le principe de "pollueur-payeur", permettrait de financer, au moins en partie, le soutien au développement des énergies renouvelables tout en pesant moins sur la collectivité. Mais cela ne saurait suffire.

Il faudra que toutes les filières – y compris celle du bois énergie – puissent contribuer de tout leur poids à la transition énergétique par le biais de soutiens idoines. Et cela passe et doit passer par une révision en profondeur des mécanismes de soutien (certificats verts) et non par leur abolition, pure et simple, n’en déplaise à certains.

 

Renseignements Febhel
www.febhel.be
Contacts:
Président: Benoît Helsemans / benoit.helsemans@febhel.be
Secrétaire Général: Bruno G. Meere / bruno.meere@febhel.be

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés