chronique

Les mythes énergétiques

Marc Halévy

Le problème n'est pas de produire de l'énergie autrement ; le problème est d'en consommer, dès maintenant, beaucoup moins.

Par Marc Halevy
Ecrivain, philosophe et physicien

Il n’y a pas d’énergie renouvelable. Il y a seulement de très mauvais carburants gratuits (les marées, le vent et la lumière solaire essentiellement) qui ne sont pas utilisables comme tels.

Pour en tirer quelque chose — toujours avec de très mauvais rendements thermodynamiques -, il faut des installations gigantesques et non durables, qui consomment énormément de ressources non renouvelables (béton, métaux non ferreux, matériaux composites etc.), tant pour leur construction que pour leur exploitation et leur maintenance.

Les carburants "gratuits" sont gratuits précisément parce que, dès le départ, leur entropie est trop élevée (donc leur qualité trop faible) pour en tirer quoique ce soit de rentable dans des laps de temps courts, avec des densités énergétiques compatibles avec les activités humaines.
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Ces carburants "gratuits" sont gratuits précisément parce que, dès le départ, leur entropie est trop élevée (donc leur qualité trop faible) pour en tirer quoique ce soit de rentable dans des laps de temps courts, avec des densités énergétiques compatibles avec les activités humaines.

La photosynthèse réalisée par les arbres, capture de la lumière solaire dans ses biomolécules, mais il faut 30 à 50 ans pour fabriquer un arbre adulte. Il n’y a jamais de miracles en physique: pour aller vite et/ou faire beaucoup, il faut payer très cher.

Les carburants "forts" à haute densité énergétique (l’uranium, les hydrocarbures, etc…) existent en quantité limitée dans le monde terrestre. Aucun n’est renouvelable et tous leurs gisements sont en passe d’être rapidement (un siècle, au plus, au rythme actuel) épuisés ou inaccessibles.

La seule filière énergétique qui perdurera est l'hydroélectricité ; mais presque tous les sites pouvant recevoir un barrage sont déjà en exploitation.

La fusion nucléaire est un faux espoir car elle implique de très mauvais rendements globaux et, pour extraire l’indispensable hydrogène, elle requiert des destructions massives de cette eau douce qui est le liquide de vie le plus précieux et le plus pénurique déjà. La seule filière énergétique qui perdurera est l’hydroélectricité; mais presque tous les sites pouvant recevoir un barrage sont déjà en exploitation.

Tout le reste n’est que leurre et baliverne. Il n’y aura aucune transition énergétique; il n’y aura rien de neuf après le pétrole et l’uranium.

©EPA

Le problème n’est pas de produire de l’énergie autrement; le problème est d’en consommer moins, dès maintenant, beaucoup moins. L’hydroélectricité fournira, au mieux, 10 à 15% de la consommation actuelle. Cela signifie que, dès 2050 (la population mondiale sera de 10 milliards d’humain, à ce moment), il faudra diminuer par 7 notre consommation globale d’énergie. Cette consommation globale est le produit de deux facteurs: la population mondiale et la consommation moyenne d’énergie par humain. Tous deux doivent diminuer drastiquement et urgemment.

Les deux mots d’ordre sont donc, dès maintenant: décroissance démographique et décroissance consommatoire (frugalité). M

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