carte blanche

N'est pas kamikaze qui veut

Député fédéral MR

En 2014, lors de l’installation du nouveau gouvernement fédéral, certains, dont Benoît Lutgen, qualifiaient notre Premier ministre de kamikaze!

Mais qu’en est-il aujourd'hui?

Eh bien, il faut reconnaître que, dans un contexte qui n’est pas toujours évident, lié notamment aux attentats, nous rencontrons un gouvernement fédéral extrêmement cohérent qui, mois après mois, avance dans la concrétisation du programme qu’il s’est fixé.

Notre Premier ministre a certes pris des risques lorsqu’il a formé son exécutif mais il est parvenu, à force d’intelligence, de courage et de persévérance à s’imposer comme le patron d’une coalition, peut-être inédite, mais qui avait la volonté de mettre en place les mesures nécessaires pour faire évoluer positivement notre pays.

Ces réformes dont la Belgique avait besoin, elles sont menées par chacun des ministres selon ses attributions et il faut reconnaître que, d’un point de vue socio-économique par exemple, le pays se porte de mieux en mieux.

Pour preuve, les récentes statistiques de la Banque nationale, du Bureau du Plan et de l’Institut des Comptes nationaux. Ces chiffres sont corroborés par d’autres mesures effectuées notamment par la FEB et l’IRES (l’Institut de Recherches Économiques et Sociales de l’UCL). Tous arrivent à la même conclusion : l’emploi augmente, le chômage diminue, les investissements progressent, le nombre de créations d’entreprises également, les exportations sont reparties à la hausse, ... ce qui fait dire à Kris Peeters, le Ministre de l’Économie, que nous pourrions atteindre le plein emploi en 2025 !

Quant au pouvoir d’achat, et grâce au tax-shift, il est reparti à la hausse en 2016.

Ce tax shift, qui a pour but d’augmenter le salaire net, sera d’ailleurs encore amplifié en 2018 et en 2019.

Passons maintenant à l’analyse de l’action du gouvernement wallon et de celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Peu de mesures ont finalement été prises par les ministres concernés et il nous est bien difficile de trouver des décisions qui ont impacté positivement la vie des Wallons.

Quelques exemples:

En 2015, un nouveau plan Marshall, baptisé 4.0 a été adopté mais les budgets qu’il met à la disposition des industries sont insuffisants, comparés notamment aux coûts importants liés à la recherche et aux lourdes charges administratives et aux réglementations tatillonnes imposées aux entreprises wallonnes.

En 2016, une taxe kilométrique sur les autoroutes et axes routiers importants a été mise en place pour les véhicules de plus de 3T5. Il en coûte des sommes considérables aux entreprises.

Ce 1er juin, le nouveau CoDT (Code de Développement Territorial) qui gère les permis d’urbanisme est enfin entré en vigueur. Il est encore plus complexe que le précédent et ne fera que retarder la délivrance des permis.

Quant au nouveau pacte d’excellence destiné à réformer un enseignement qui est un des moins performant au niveau européen, il est non seulement extrêmement critiqué mais, en plus, il manque de moyens pour être véritablement mis en place.

Revenons aussi sur le décret inscription, un postulat idéologique qui pénalise l’enseignement et surtout les familles.

Il s’agit donc d’un bilan extrêmement mitigé et il est inversement proportionnel aux effets d’annonce dans la presse dont les ministres wallons sont coutumiers.

Pourtant la cohabitation entre PS et cdH avait démarré très rapidement au lendemain des élections de 2014. Les deux partis allaient métamorphoser la Wallonie et ils se posaient même en donneurs de leçons vis à vis d’une coalition inédite au niveau du Fédéral.

Et puis, ce 19 juin, voilà qu’un apprenti kamikaze est venu tout faire exploser. La Wallonie, une des régions les plus défavorisées de l’Europe et dont le PIB s’apparente à celui de certaines anciennes républiques soviétiques, est depuis lors plongée dans l’incertitude.

De plus cet apprenti kamikaze n’avait pas prévu de solution de rechange. Il est aujourd'hui embarrassé dans des négociations qu’il ne maîtrise absolument pas avec des partis qui ont des visions tout à fait opposées sur la gestion de cette crise.

Chaque jour qui passe voit notre apprenti kamikaze s’enfoncer un peu plus dans ce marasme cauchemardesque qu’il a mis en place pour la Wallonie.

Quant à nous, nous nous posons deux questions:

Comment la Wallonie pourra-t-elle se sortir de cette situation dantesque?

La Wallonie ne mérite-t-elle pas mieux qu’un apprenti kamikaze pour gérer une telle crise?

Benoît Friart
Bourgmestre de la Ville du Roeulx
Député fédéral

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