Parents travailleurs : pour une meilleure conciliation

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Il est peut-être temps que la réduction collective du temps de travail prenne la forme d’un vrai débat. Les 4000 personnes interrogées lors de l’enquête menée par la ligue des familles sont unanimes. Deux tiers des parents interrogés désirent travailler moins sans perte de revenu.

Par Robert Vertenueil
Président de la FGTB

Après les joies de l’accouchement, l’angoisse du travail, de l’organisation et des revenus. C’est le résultat du baromètre de la Ligue des Familles qui nous informe que 8 parents sur 10 éprouvent des difficultés à concilier travail et vie familiale. Pire encore, 1 parent sur 4 serait en situation de burn out parental.

Une observation alarmante qui illustre les failles du système actuel. En premier lieu, convenons du premier obstacle : le manque d’information. Trop peu de parents ont connaissance des outils à leur disposition. C’est pourquoi, une meilleure communication s’avère indispensable, un processus informatif qui se doit d’être organisé avec les employeurs. Nul besoin de dualité en la matière, un travail de concert s’avèrerait plus bénéfique aux différentes parties.

Nous ne pouvons ignorer la trop grande rigidité des mécanismes existants : congé-parental, crédit-temps, congé « pour raison impérieuse ».
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Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin. Nous ne pouvons ignorer la trop grande rigidité des mécanismes existants : congé-parental, crédit-temps, congé " pour raison impérieuse ". Ce dernier, par exemple, correspond à 10 jours par an à prendre en cas de maladie, accident, hospitalisation d’un proche, etc. Un congé non-rémunéré devant être accepté par l’employeur. Impossible donc de répondre à une situation d’urgence.

La FGTB souhaite voir assouplie certaines conditions et plaide pour un droit interprofessionnel au crédit-temps avec motif pour chaque parent, prévoyant un relèvement de l’âge maximum à 12 ans pour le motif de prendre soin de ses enfants. Et parce qu’il importe de ne pas laisser les ménages monoparentaux sur le bord de la route, nous suggérons de leur octroyer un congé parental, combiné au droit à des indemnités et avec maintien de l’assimilation des périodes non travaillées pour la sécurité sociale.

Ne négligeons pas non plus, le manque de revenus pouvant survenir pendant les congés parentaux, sans oublier les inégalités de genre. Prenons, le congé de naissance (anciennement de paternité) ! La loi actuelle octroie au père, 10 jours de congé à prendre dans les quatre mois suivant la naissance. Les trois premiers jours, le salaire est intégralement payé par l’employeur et la mutuelle intervient à hauteur de 82% du salaire brut lors des 7 jours suivants. Cette situation doit changer par l’instauration de 20 jours de congé sans perte de revenus. 10 jours seraient pris suite à la naissance et 10 autres seraient utilisés librement entre 3 mois avant et 6 mois après la naissance. Quant au congé de maternité…les mères enceintes reçoivent une indemnité de leur mutualité s’élevant à 82 % du salaire non plafonné durant les 30 premiers jours. A partir du 31è jour jusqu’à la fin de la 15è semaine, cette rémunération passe à 75% du salaire plafonné. Cette perte de revenus est injustifiée, les femmes n’ont pas à subir une restriction de salaire durant leur congé de maternité.

Et puis, l’accueil des enfants au sein de structures adaptées est un enjeu primordial concernant l’équilibre entre travail et vie de famille. Les structures d’accueils (crèches, accueillants, maisons d’enfants,…) représentent ici une solution, hélas pas toujours abordable. L’intervention d’accueil octroyée se limite à un mois de frais d’accueil pour les ménages à faibles revenus. L’augmentation de cette intervention est une nécessité, ce qui permettra aux familles précarisées d’offrir à leurs enfants un accueil de qualité. Il temps également que des mesures pour la protection des travailleuses enceintes soient prises et mises en application. En modifiant le poste de travail ou la fonction avec maintien du salaire et si aucune fonction de remplacement n’est disponible, l’employeur est tenu (sur la base des recommandations du médecin du travail) d’écarter la travailleuse du service. Nous exigeons que l’indemnité d’écartement du travail soit payée de la même façon à toutes les femmes qui se trouvent dans ce système, indépendamment du fait qu’il s’agisse de travailleuses contractuelles ou statutaires et qu’il n’y ait pas de perte de congé postnatal en cas d’écartement du travail avant l’accouchement.

2 parents sur 3 voudraient travailler moins

Il est peut-être temps que la réduction collective du temps de travail prenne la forme d’un vrai débat. Les 4000 personnes interrogées lors de l’enquête menée par la ligue des familles sont unanimes. Deux tiers des parents interrogés désirent travailler moins sans perte de revenu. On peut facilement imaginer les nombreux cas de déséquilibre, de charges mal réparties. Voilà pourquoi, La FGTB plaide pour une réduction collective du temps de travail avec embauche compensatoire et maintien du salaire.

Ensemble, luttons pour l’amélioration de ces conditions afin de retrouver un équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle.

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