tribune

Pour créer 600.000 emplois d'ici 2030, nos entreprises doivent rester compétitives

CEO d'Agoria

Le nouveau CEO d'Agoria peine à comprendre les raisons de la grève nationale de lundi dernier.

Je suis ravi de devenir, dans quelques jours, le CEO d'Agoria, qui représente l'industrie technologique. Mais je n'ai même pas encore commencé, que déjà je ne comprends plus...

Personne, y compris les syndicats, ne nie qu'une tempête économique s'abat sur le monde et sur notre pays. Que chacun fasse de son mieux pour nous faire traverser cet ouragan du mieux qu'il peut n'est, selon nous, que pure logique. Les gouvernements proposent des programmes de chômage temporaire et de soutien. Merci.

Bart Steukers, nouveau CEO d'Agoria. ©doc

Les entreprises tentent, dans la limite des possibilités imposées par le covid, de rester aussi opérationnelles que possible. Ici aussi, merci beaucoup. En tant que salariés et citoyens, nous adaptons notre comportement. La solidarité est plus importante que jamais, tout le monde travaille ensemble pour retrouver une vie "normale" le plus rapidement possible.

La crise n'a épargné que 5% de nos entreprises

Alors, pourquoi nous faire jouer les uns contre les autres avec une grève nationale parce que 5% (malheureusement seulement 5%...) de toutes les entreprises du pays se débrouilleraient suffisamment bien dans ces circonstances extrêmement difficiles pour donner à leurs employés quelque chose en plus. Pour reprendre les mots de l'ancien président français Mitterrand: so what ? Je ne comprends pas... Mais aujourd’hui, sept entreprises technologiques sur dix ont été touchées par la journée de grève nationale. Pour trente pour cent des entreprises technologiques, la perte d'activité dépasse même septante-cinq pour cent…

L'histoire nous enseigne que les bases de la croissance économique sont posées dans la phase finale d'une crise.

Dans un esprit de coopération avec tous les partenaires sociaux (employeurs et travailleurs), je travaille depuis plusieurs années avec de nombreuses entreprises et collègues sur notre programme Be The Change sur l'avenir de notre marché du travail. Notre priorité a toujours été d'aider 80% de notre population (active) à trouver un emploi durable et de leur donner les compétences nécessaires pour conserver cet emploi dans une collaboration qui se digitalise rapidement. Aussi pour ceux qui, dans notre société, n'ont pas les mêmes possibilités ou qui restent en arrière sans beaucoup de perspectives! Rien ne donne plus de sens à notre vie qu'un emploi dans lequel nous pouvons vivre et nous épanouir.

600.000
emplois
"Nous devons créer 600.000 emplois dans ce pays d'ici à 2030."

Pour que ce rêve devienne réalité, nous devons créer 600.000 emplois dans ce pays d'ici à 2030, soit deux fois plus que prévu. Un défi, oui, mais nous pouvons le relever! À condition que nous maintenions la compétitivité de nos entreprises et que nous leur donnions toutes les chances de réaliser une croissance économique, année après année. Quelqu'un peut-il m'expliquer comment des grèves nationales, en pleine crise du covid-19, permettent de maintenir et de créer des emplois durables? Je ne comprends pas...

Laisser nos coûts salariaux augmenter trop structurellement maintenant, enlève irrévocablement des opportunités et des emplois à la Belgique.

Enfin, l'histoire nous enseigne que les bases de la croissance économique sont posées dans la phase finale d'une crise. Un pays qui, dans cette phase, ose investir dans la compétitivité, l'innovation, la confiance et une vision industrielle tournée vers l'avenir aura la possibilité de créer une prospérité supplémentaire pendant de nombreuses années. Malheureusement, le contraire est également vrai, et nous en avons fait l'expérience à plusieurs reprises dans le passé en Belgique... laisser nos coûts salariaux augmenter trop structurellement maintenant, enlève irrévocablement des opportunités et des emplois à la Belgique. Les autres pays nous remercieront.

0,4% d'augmentation salariale est déjà un défi

En quoi le débat actuel sur la norme salariale est-il utile ? Une augmentation possible des salaires de 3,2% (2,8% d'indexation automatique + 0,4% de norme salariale) pour 100 % des entreprises privées est déjà un défi pour toutes ces entreprises qui essaient de survivre aujourd'hui, sans pour autant assurer que nous les aidons ainsi à saisir ces chances de prospérité supplémentaire. Mais affirmer ensuite que cela ne serait pas suffisant. Je ne comprends pas...

Ce que je comprends, c'est que j'ai encore beaucoup à apprendre... l'apprentissage permanent, comme on dit chez Agoria. Heureusement, c’est quelque chose que j’aime faire! 

Par Bart Steukers, nouveau CEO d'Agoria.

Le résumé

  • Sept entreprises technologiques sur dix ont été touchées par la journée de grève nationale visant à sortir du carcan de la norme salariale (hausse limitée à 0,4%).
  • Le nouveau CEO d'Agoria souligne qu'une augmentation possible des salaires de 3,2% (2,8% d'indexation automatique + 0,4% de norme salariale) pour 100% des entreprises privées est déjà un défi pour toutes ces entreprises qui essaient de survivre aujourd'hui.
  • Permettre une hausse structurelle des coûts salariaux empêchera par ailleurs la réalisation de l'objectif de 600.000 créations d'emplois d'ici 2030.

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