carte blanche

Pour éviter que les PME quittent Bruxelles

Olivier  Colin

Afin de mobiliser davantage l’épargne des citoyens et d’aider nos entreprises à financer leurs projets, Bruxelles devrait rapidement mettre en place un mécanisme de prêt citoyen.

Par Olivier Colin
Ingénieur de gestion et économiste

Trouver des sources de financement relève la plupart du temps du parcours du combattant pour les entrepreneurs belges.

40%
Refus bancaires
Selon l’UCM, plus de 40% des PME font face à des refus de crédits bancaires pour leurs projets.

Selon l’UCM, plus de 40% des PME font face à des refus de crédits bancaires pour leurs projets, à tel point que nombre d’entre eux finissent par mettre la clé sous la porte. Parallèlement à cela, il s’avère que l’encours des comptes d’épargne belges a atteint en mars dernier un total de 262 milliards d’euros! Un chiffre qui montre bien les difficultés de notre pays à mobiliser l’épargne de nos citoyens dans le développement de l’activité économique.

Plusieurs mesures existent pourtant pour tenter d’inciter les citoyens à investir.

Le Tax Shelter PME du gouvernement fédéral permet aux citoyens de bénéficier d’une réduction d’impôt en cas d’investissement dans une start-up ou une entreprise en croissance. Le mécanisme est limité aux entreprises de moins de 4 ans ou à celles en croissance selon des critères bien précis. Pour celles qui ne rentrent pas dans ces conditions, il y a plutôt intérêt à être en région flamande!

Des initiatives flamande et wallonne

La Flandre a en effet mis en place depuis 2006 un dispositif de prêt "win-winlening" prévoyant un double mécanisme fiscal de réduction d’impôt. Le dispositif, qui a connu un grand succès, a même été étendu en 2011 à toutes les PME!

La région wallonne a fait un premier pas en direction de la Flandre quelques années plus tard avec son prêt "coup de pouce" permettant à un citoyen de bénéficier d’un crédit d’impôt de 4% pendant 4 ans, et 2,5% ensuite, jusqu’à 8 ans. Les conditions restent toutefois limitées.

Aujourd’hui, les PME flamandes et wallonnes peuvent donc bénéficier de ce mécanisme régional de soutien à l’investissement. Du côté bruxellois par contre, les PME attendent toujours.
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Aujourd’hui, les PME flamandes et wallonnes peuvent donc bénéficier de ce mécanisme régional de soutien à l’investissement. Du côté bruxellois par contre, les PME attendent toujours.

La dernière déclaration de politique régionale bruxelloise parlait pourtant "d’encourager et soutenir les créateurs d’activité afin de faire de Bruxelles la capitale belge de l’esprit d’entreprendre".

34,3 %
Faillites à Bruxelles
Le nombre de faillite a augmenté de 34,3% en 2017 par rapport à l’année précédente, ce qui constitue un record pour Bruxelles.

Qu’en est-il aujourd’hui? Le nombre de faillite a augmenté de 34,3% en 2017 par rapport à l’année précédente, ce qui constitue un record pour Bruxelles.

Il est clair que le tissu entrepreneurial bruxellois aurait bien besoin d’un petit "coup de pouce". Ceci est d’autant plus vrai que la Flandre est la seule région à avoir décidé de supprimer l’obligation d’obtenir une attestation de connaissances de bases en gestion d’entreprise afin de démarrer une activité commerciale.

Tout ceci risque encore plus d’inciter les entrepreneurs à quitter notre capitale pour lancer leur entreprise en région flamande, avec les conséquences négatives que cela implique pour Bruxelles.

Prêt citoyen

Afin de mobiliser davantage l’épargne des citoyens et d’aider nos entreprises à financer leurs projets, Bruxelles devrait rapidement mettre en place un mécanisme de prêt citoyen.

Et pour encore mieux concurrencer les autres régions, pourquoi ne pas mettre en place un mécanisme fiscal similaire à la Flandre et valable pour toutes les PME avec en parallèle, un avantage plus important ciblé sur des secteurs à forte valeur ajoutée comme l’économie numérique, des secteurs créateurs d’emplois ou des activités basées sur l’économie circulaire, une meilleure consommation et un plus grand respect de l’environnement.

Selon les chiffres de l’ONSS, les toutes petites entreprises (TPE) ont largement contribué aux créations d’emplois ces dernières années et près de trois quarts de la croissance des emplois dans les PME sont le fait de TPE.

Les efforts destinés à soutenir ces entreprises doivent être poursuivis. Et il est primordial pour notre capitale d’y contribuer!

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