carte blanche

Pour rééquilibrer la balance

Imaginez-vous sans stress, conciliant les heures de crèches et d’écoles avec les dossiers professionnels. Imaginez un monde du travail dans lequel le temps partiel n’existe plus. Imaginez encore, une société sans chômage, une société sans inégalité salariale entre hommes et femmes, une société ou papa comme maman peuvent s’occuper des enfants. Ce monde idéal n’est pas inatteignable. Il s’agit de choix politiques.

Par Robert Vertenueil (Secrétaire Général de la FGTB);
Marie Arena (Député européenne PS);
Carmen Castellano (Secrétaire Générale des Femmes Prévoyantes Socialistes)
Fabienne Winckel (Député fédérale PS)

Sous-payées, écartelées, discriminées, la vie des femmes du 21ème siècle n’est pas toute rose. Pourtant, les promesses de progrès étaient réelles. Ainsi, depuis plus de 50 ans, les femmes réclament l’application d’un principe d’égalité essentiel : à travail égal, salaire égal ! Plus de 50 ans après que ces mots aient été scandés par les travailleuses de la FN Herstal, un constat s’impose : Les progrès espérés et promis ne sont toujours pas d’actualité.

1000 €
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La majorité des femmes ont une pension inférieure à 1.000€.

En effet, aujourd’hui, à compétences égales une travailleuse gagne en moyenne 20% de moins qu’un travailleur. Cette inégalité salariale, au lieu de se réduire, stagne depuis plus de 4 ans. En outre, cette inégalité va se perpétuer tout au long de la vie d’une femme. La majorité des femmes ont dès lors une pension inférieure à 1.000€ (882€ en moyenne en 2014). L’écart entre les pensions féminines et masculines s’empire pour se situer aujourd’hui à près de 25%. Bref, en 1/2 siècle d’évolution la promesse d’égalité n’a toujours pas été rencontrée.

D’où vient cette inégalité ?
L’écart de salaire s’explique par l’accumulation de nombreux facteurs discriminants. Une constante consiste cependant en l’inégale répartition du temps de travail rémunéré entre les hommes et les femmes. Bien souvent les femmes sont ainsi contraintes d’accepter des emplois flexibles, des emplois à temps partiel ou encore de prendre des congés thématiques pour s’occuper de leurs proches et de leurs familles. En effet, à cause de stéréotypes et d’une vision encore largement machiste des rôles familiaux les femmes restent contraintes à des emplois de moindre qualité, moins bien rémunérés et moins valorisants. Par contre, quand il s’agit du temps de travail non rémunéré elles battent des records !

Le temps du changement !
A l’occasion de la journée mondiale des droits des femmes, nous estimons qu’il est grand temps de rencontrer les promesses d’égalité. Un premier pas fondamental réside dans le fait de contribuer à un partage égal des tâches et des responsabilités familiales entre les hommes et les femmes.

Au règne du « Métro, boulot, dodo », les enfants relèvent encore trop souvent de la disponibilité exclusive de la maman.
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Au niveau européen, nous sommes satisfaits qu’après plusieurs années de blocage et grâce aux combats et à la détermination des progressistes, une nouvelle proposition de Directive européenne sur le " Work Life Balance " ait vu le jour et soit actuellement en discussion. Celle-ci vise à améliorer la conciliation entre vie privée et vie professionnelle en prévoyant, entre autres, de fixer un congé de paternité, un congé parental et un congé pour soigner ses proches. Ces congés sont individualisés et mieux rémunérés. C’est un enjeu fondamental en termes d’égalité et de répartitions des tâches ménagères, et donc d’émancipation des femmes ! Car au règne du " Métro, boulot, dodo ", les enfants relèvent encore trop souvent de la disponibilité exclusive de la maman.

Beaucoup vous diront que cela fait partie des mentalités. Tout est une question d’équilibre au sein du couple, mais aussi et surtout d’égale répartition du temps. C’est pourquoi, en tant que progressistes, nous avons longuement travaillé sur le congé parental au niveau national (octroyer deux mois de congé supplémentaire si le père a pris la totalité de son congé parental) ainsi que le congé enfant-malade (10 jours rémunérés pour s’occuper de son enfant malade). Pour changer ces mentalités, il est important que le papa ait la possibilité d’être avec son enfant dès les premiers instants de vie.

Ensemble, nous estimons qu’il est temps d’impulser un changement positif pour les travailleurs et les travailleuses. Travailler 4 jours par semaine ou 32 heures semaine.
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Travailler moins pour travailler toutes et tous !
En plus des congés thématiques qui doivent être impérativement revus et des changements de mentalités nécessaires. Il est grand temps de repenser l’ensemble du système et notre rapport au travail. Il s’agit ici de veiller à rééquilibrer la balance en faveur de notre vie privée. Ensemble, nous estimons qu’il est temps d’impulser un changement positif pour les travailleurs et les travailleuses. Travailler 4 jours par semaine ou 32 heures semaine.

Imaginez ! Imaginez-vous sans stress, conciliant les heures de crèches et d’écoles avec les dossiers professionnels. Imaginez un monde du travail dans lequel le temps partiel n’existe plus. Imaginez encore, une société sans chômage, une société sans inégalité salariale entre hommes et femmes, une société ou papa comme maman peuvent s’occuper des enfants.

Ce monde idéal n’est pas inatteignable. Il s’agit de choix politiques : soit on contribue à accentuer les inégalités et discriminations soit on s’oriente sur la voie de la juste répartition et du progrès.

Ensemble, nous pouvons faire que ce projet de société devienne réalité. En tout cas, c’est notre promesse à toutes et tous !

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