carte blanche

Pourquoi les incitants pour faire disparaître les voitures ne fonctionnent pas

Serge Vandaele

À quoi ressemblera la mobilité de demain ? À un travailleur qui va jusqu'à la gare en vélo de location, prend le train jusqu’à la gare de Bruxelles et parcourt ensuite les derniers kilomètres dans une voiture partagée. Dans un monde idéal, le gouvernement proposerait une politique fiscale flexible pour permettre cette multi-mobilité durable.

Par Patrick Bunnik
CEO de XXImo

Vous constatez évidemment que nous sommes tous coincés dans les embouteillages chaque matin et chaque soir. La situation n’a cessé d’empirer sur nos autoroutes ces dernières années. Que ce soit l'E17, l'E40 ou l'E19, l'ensemble du réseau autoroutier belge est saturé et la pollution de l'air continue d'augmenter. D'ailleurs, nous ne sommes plus seulement coincés aux heures de pointe, mais aussi avant et après celles-ci. Le tunnel Kennedy à Anvers et Wemmel sont englués dans les bouchons toute la journée. Il est temps de passer à l'action, car les incitants actuels ne suffisent pas. Il faut changer notre fusil d’épaule, c’est-à-dire agir de façon plus variée.

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Il est évident qu'il y aura toujours beaucoup de circulation aux heures de pointe. Toutes les entreprises ne donnent pas à leurs employés la possibilité d'organiser leurs horaires de travail de manière flexible, et certaines tâches ne le permettent pas. En outre, il y aura toujours des gens qui ne jurent que par la voiture. Peu importe la façon dont vous abordez le problème, la voiture est un moyen de transport efficace et les sites industriels et autres parcs de bureaux ne sont pas toujours aisément accessibles en transports en commun. Et pour certaines fonctions, il est tout simplement indispensable d'être sur la route en permanence.

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Ce ne sont là que quelques-unes des raisons pour lesquelles les incitants actuels ne contribuent pas suffisamment à réduire les embouteillages. Ils visent à pousser les gens à abandonner leur voiture, comme la prime que la ville de Gand accorde aux personnes qui échangent leur véhicule contre un abonnement aux transports publics. Et bien qu'il s'agisse d'un noble dessein, les autorités feraient mieux d’opter pour une position intermédiaire plus réaliste. Car si nous n’utilisons la voiture qu'une partie du temps ou d’un déplacement, c'est déjà une bonne chose – non seulement pour les embouteillages, mais aussi pour l'environnement. C'est pourquoi je considère qu'une initiative comme le Mobiele Maandag de De Lijn est un premier pas dans la bonne direction. Elle encourage un changement de comportement et sensibilise aux avantages de la multi-mobilité. La solution est donc de rendre notre mobilité plus flexible.

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À quoi ressemblera la mobilité de demain ? À un travailleur qui va jusqu'à la gare en vélo de location, prend le train jusqu’à la gare de Bruxelles et parcourt ensuite les derniers kilomètres dans une voiture partagée. Dans un monde idéal, le gouvernement proposerait une politique fiscale flexible pour permettre cette multi-mobilité durable. Pourquoi donc les entreprises sont-elles obligées d'opter pour un mode de transport particulier ? Il devrait être possible de combiner les différents régimes fiscaux. Associée à un plus grand nombre de points de transfert – où les automobilistes garent leur voiture pour effectuer une partie de leur trajet en transports en commun, – cette flexibilité réduirait considérablement la densité du trafic sur nos autoroutes et, par conséquent, améliorerait la qualité de l'air.

Une évolution positive est déjà à l’œuvre dans les entreprises. Au lieu de forcer les travailleurs à choisir entre une voiture de société avec une carte de carburant ou un abonnement de train, les employeurs optent de plus en plus pour des cartes de mobilité. De cette façon, les employés ont accès à différentes solutions de mobilité, où le " et " remplace le " ou ". Heureusement, l’ère du moyen de transport unique – automobile ou transports publics – touche à sa fin.

Il ne reste désormais plus qu’aux autorités à contribuer à la multi-mobilité durable.

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