Rendre le partage de voitures aussi évident que Netflix

©Dieter Telemans

Ces derniers jours, les projets de partage de voiture en ont pris pour leur grade. Le nombre de clients croît trop lentement et ils ne prêtent pas assez attention aux zones rurales. Mais ils restent une pièce de puzzle essentielle dans la résolution des problèmes de mobilité. Le partage de voiture doit devenir - et deviendra - aussi évident et à la mode que le partage de vélos en ville.

Par Joost Kaesemans
Fédération automobile FEBIAC

Venir chercher une voiture qui est garée quelque part en utilisant une application et la garer après utilisation dans un autre endroit? Je l’ai déjà essayé, mais je ne suis pas un utilisateur fréquent. Mea Culpa.

J’ai ma voiture et mon vélo, comme beaucoup d’autres. Mais je ne suis visiblement pas le seul. Les plateformes de partage de voiture comme DriveNow et Cambio ont quelques dizaines de milliers d’utilisateurs. Sur plus de 11 millions de Belges, c’est peu. Pas de quoi, pour autant, critiquer le système de cette manière. C’est un concept innovant qui vient s’ajouter au modèle économique traditionnel de l’industrie automobile et qui va sans doute le remplacer pas à pas.

Si nous voulons créer de l’espace en ville, et y améliorer la qualité de vie et la mobilité, alors le déplacement de la voiture d’un modèle de propriété vers un modèle d’utilisation est une révolution. Et une révolution présentant un très grand potentiel.

Le secteur automobile constate que de plus en plus de marques embrassent le concept. Non pas comme un projet prestigieux, mais bien parce qu’ils se rendent compte qu’ils doivent offrir aux entreprises et à la communauté une solution durable pour les problèmes de mobilité.

Maladies de jeunesse

Arrêtons donc de critiquer les maladies de jeunesse et les problèmes de croissance financières du partage de voitures. Ce n’est pas le coeur du problème.

Arrêtons donc de critiquer les maladies de jeunesse et les problèmes de croissance financières du partage de voitures. Ce n’est pas le coeur du problème.

Prenons Spotify. Le service de streaming musical vaut maintenant des milliards, mais ces douze dernières années il n’a pas encore généré de profits. Ce service a néanmoins changé complètement l’industrie musicale, car il donne aux utilisateurs beaucoup plus de facilité d’utilisation que le modèle traditionnel d’achat d’un CD.

On peut toujours acheter un CD, mais un nombre toujours plus grand de consommateurs préfèrent opter pour un service de partage.

Je demande donc aux villes de faire comme ils ont fait avec le partage de vélos: investir dans des projets qui permettent la mobilité à la demande. Car c’est évidemment là qu’ont lieu de nombreux déplacements, mais c’est également là que l’espace public est sous pression.

Avec un modèle de partage, chaque besoin de mobilité peut être comblé avec une fraction du nombre de véhicules (certaines études évoquent une proportion de moins de 10%) qu’impose le modèle de propriété individuelle de véhicules.

À chaque déplacement le transport le plus adapté

Comme pour Netflix et pour Spotify, le succès du partage de voitures dépend aussi du confort et de la facilité d’utilisation.

Imaginez un seul instant l’espace que cela pourrait libérer en ville, même si l’on ne s’attend pas à ce que tout le monde abandonne sa voiture. Surtout, la ville peut plus facilement y connecter d’autres moyens de transports comme le bus, tram et vélo. De quoi soutenir ce principe de base: pour chaque déplacement, le moyen de transport le plus adapté. Ce qui ne fera qu’accélérer l’évolution des mentalités et la popularité du partage de voitures.

Comme pour Netflix et pour Spotify, le succès du partage de voitures dépend aussi du confort et de la facilité d’utilisation.

Combiner différents moyens de transports sur une plateforme ou une application sur le smartphone? Intéressant, certainement, et pratique! Personnellement, j’utilise Modalizy qui me permet, grâce à une carte sur une plateforme d’accéder à un menu riche en choix. Il est bien sûr essentiel de persuader l’utilisateur qu’il a beaucoup à gagner avec ce nouveau modèle.

Mais si nous souhaitons vraiment que le partage de voitures soit un grand succès, il est nécessaire que nos entreprises et nos responsables politiques embrassent le concept.

Le budget mobilité qui vient d’être introduit devrait être regardé sous un autre angle. C’est la seule manière pour que le partage de voitures devienne comme Netflix. On n’achète plus de DVD, mais on regarde un film quand on le veut, où on le veut. Cela devrait aussi être possible avec une voiture en ville. Ce n’est que si nous cultivons cette mentalité tous ensemble, que nous trouverons le partage de voiture aussi évident que Netflix.

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