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Si seulement on écoutait (davantage) les entrepreneurs...

Journaliste

"Mots d'esprit d'entreprendre" par Giles Daoust, Marque Belge, 94 p., 10 €.

Dans le monde de l’entreprise, il y a beaucoup de sortes de patrons: l’absent chronique, le manager charismatique, l’ambitieux carriériste souvent autoritaire mais toujours critique, le gestionnaire efficace malheureusement dépourvu de vision et l’entrepreneur pur jus qui carbure aux nouvelles idées, incapable de s’arrêter de penser.

Giles Daoust appartient à cette dernière catégorie. Quoique. Il fait en réalité plutôt figure d’OVNI. Car loin d’être seulement le "fils de", le CEO de Daoust Interim cumule les casquettes dans un registre qui paraît bien éloigné de sa formation initiale à la Solvay Business School. Patron d’une société de production audiovisuelle, il met notamment en scène le célèbre Ommegang sur la Grand-place de Bruxelles. Auteur de plusieurs scénarios de films et de BD, il est aussi l’un des fondateurs de la toute jeune chaîne de télévision, LN24. Le voici qui publie prochainement un petit recueil basé en partie sur les chroniques qu’il écrit régulièrement dans l’Echo et pour Bruxelles Metropole.

Fidèle à son style à la fois décontracté et frappé au coin du bon sens pour dénoncer les absurdités de notre monde moderne, il se penche sur les ressorts de la démarche entrepreneuriale, source inépuisable de progrès. Pas question donc de nous abreuver de techniques de management rébarbatives mais d’essayer de comprendre plutôt ce qui s’est passé pour que le monde soit "sur le point de basculer dans ce que beaucoup considéraient comme de la science-fiction".

Car comme il l’explique fort à propos, "l’esprit d’entreprendre connaît un véritable âge d’or. L’humanité n’a sans doute jamais connu une époque aussi disruptive. Les Steve Jobs, Jeff Bezos et autres Elon Musk changent le monde comme aucun gouvernement n’est plus capable de la faire. Pourquoi? Parce qu’à l’inverse du monde politique qui se noie dans des législations de plus en plus labyrinthiques, les entrepreneurs disposent d’une liberté de penser et d’agir que les gouvernements n’ont plus".

Plus loin, dans sa réflexion réservée à l’omniprésente question environnementale, il observe que "les entreprises innovantes feraient des miracles si les États les laissaient participer à leur modernisation. Car les solutions ne résident pas dans des mesures politiques, des subsides, des taxes ou des tax shifts mais dans l’amélioration des services fournie par l’État par le biais de la technologie".

Au passage, il n’hésite pas non plus à "planter ses canines" dans des sujets plus polémiques comme les quotas de femmes dans les conseils d’administration qui "nous ramène à la discrimination à embauche" ou à livrer une critique sur l’usage parfois/souvent inconsidéré que nous faisons de notre smartphone.

Avec pédagogie, ce petit ouvrage nous pousse à réfléchir à des sujets actuels (transhumanisme intelligence artificielle, mobilité…) qui se déclinent tous dans un questionnement plus fondamental: Où se joue l’avenir de notre société? Où voulons nous être dans 10 ans? Quels rôles peuvent jouer les entreprises? Et l’État? Comment stimuler notre capacité à concrétiser des idées, à se mettre en mouvement pour porter loin le projet d’une société prospère qu’on voudrait plus heureuse?

Il y a en réalité tant à dire qu’il ne serait pas étonnant de voir Giles Daoust rempiler avec un second opus… D’ici là, "Mots d’esprit d’entreprendre" est disponible dans toutes les bonnes librairies et sur Amazon.fr à partir du 10 janvier.

S.V.

Mots d’esprit d’entreprendre, Giles Daoust, Marque Belge, 94 p., 10 €.

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