Six problèmes économiques à corriger

©Photo News

Il y a 30 ans, 70% de la valeur créée dans l’économie était distribuée comme salaires. Aujourd’hui, ce n’est plus que 55 à 60%.Ce glissement n'est pas sans conséquences sur la consommation.

Par Bo Dahlqvist, membre de la Société royale d'économie politique de Belgique, Suédois de Belgique et auteur du livre "Wealth of the people"

Les six problèmes économiques à corriger:  

1/Les gouvernements doivent reprendre le contrôle

Avec la libre circulation du capital, les Etats ne sont plus à même de réaliser des programmes démocratiquement décidés par leur parlement. La solution est de ne plus prendre en considération où un produit ou un service a été produit ou facturé, mais où il est consommé. Chaque pays peut donc, en contrepartie de l’accès à son marché, demander aux entreprises qu’elles payent des impôts sur le gain réalisé grâce à cet accès.

2/Trop d’épargne

Le Professeur Robert Solow, prix Nobel, a montré que du capital à investir au-dessus d’un certain niveau ne contribue plus à une expansion de l’économie.

Une des règles de base de l’économie politique est que le taux d’épargne doit être en équilibre avec ce besoin en capital pour faire tourner l’économie. Depuis que la finance a pris le contrôle de l’économie, ce n’est plus le cas. Il y a trop d’épargne aujourd’hui, dans tous les pays développés. La crise de l’euro en est la preuve. Les banques européennes, surtout en Allemagne et en France, avaient plus d’argent déposé que ce dont leurs économies avaient besoin. Pour faire fructifier ce surplus, elles ont investi dans des "subprimes" et prêté à la Grèce, l’Espagne et l’Italie.

©iStock

Le surplus d’épargne a également été utilisé pour spéculer dans des matières premières et des produits alimentaires. C’est également l’origine du surendettement des particuliers ainsi que des États, ce qui est un des grands problèmes. Tout cela a abaissé le standard de vie d’une grande partie de la population.

Quelles sont les origines de cette situation d’un taux d’épargne excessif?

  • Il y a 30 ans, 70% de la valeur créée dans l’économie était distribuée comme salaires. Aujourd’hui, ce n’est plus que 55 à 60%. La rémunération du capital est en grande partie utilisée pour augmenter l’épargne, à la différence des salaires qui sont principalement utilisés pour consommer. Ce glissement a eu un impact très négatif sur l’économie.
  • Les fonds de pension.
  • La réduction de la protection sociale, qui a encouragé les citoyens à faire des réserves pour couvrir les risques qui étaient couverts par l’État auparavant.

3/Financement des pensions

Ce sont ceux qui travaillent qui produisent ce que la personne pensionnée consomme. Le monde de la finance a, depuis des années, avancé que la seule solution pour financer cela est de créer des fonds de pension et non un système de transfert. Si on analyse plutôt le partage de la consommation que le financement, tout devient plus compréhensible.

Dans les deux systèmes, ce qui reste à consommer pour ceux qui travaillent est la production totale, moins la consommation des pensionnés. La question qui subsiste est de voir quel système est le plus efficace en termes de coût.

L’Office national des pensions (ONP) occupe 2.200 personnes, avec un budget de 138 millions d’euros, pour gérer des paiements de 28 milliards par an, ce qui donne un coût de 0,5%.

La gestion d’un fonds de pension coûte en moyenne 1% par an du montant dans le fonds. À parts égales, si nous avions pris 40 ans pour accumuler ces 28 milliards, avec 1% de coût annuel, cela nous aurait donné 5,74 milliards d’euros. Le résultat est comme une taxe supplémentaire de 5,5 milliards ou 1.400 euros par actif et par an. Nous devrions donc augmenter les pensions légales.

Qui a fait mieux? Di Rupo ou Michel?

Le gouvernement Michel a-t-il fait mieux que le gouvernement Di Rupo? A un mois des élections, L'Echo vous propose de comparer vous-même l’impact du gouvernement sortant sur base de cinq indicateurs.

> Faites le test <

4/La rentabilité budgétée

Avec l’évolution des bonis très importants pour les managers et les gestionnaires de fonds, nous avons vu une forte augmentation du rendement exigé aux entreprises. Est-il raisonnable que les entreprises établissent leur budget avec comme objectif 10% ou même plus, quand le taux sur les comptes de dépôt est à 0,11%?

Un taux élevé diminue l’espace pour les salaires et augmente les prix pour les clients. Une loi devrait limiter le rendement budgété.

5/Eurostat

Même dans le cadre d’un ménage, les achats d’une certaine valeur sont amortis sur plusieurs années. Toutes les entreprises procèdent de manière égale. Il est donc absurde, comme dans les règles actuelles d’Eurostat, que les services publics doivent amortir tous les investissements sur la première année, même pour ceux dont l’horizon d’utilité est de 30 ou 50 ans.

Ce changement de règles, poussé par les Allemands, a mis un frein aux investissements d’État, des régions et des communes. Règles à abandonner immédiatement.

6/Investissements étrangers

Tous les pays ouvrent les bras aux investisseurs étrangers. Cela est-il réellement avantageux? Comme nous avons vu ci-dessus, 40 à 45% de la plus-value d’une activité va vers le capital. Cela signifie que si le capital est détenu par une société étrangère, 40 à 45% de la valeur créée par les employés dans le pays part à l’étranger.

Finalement, la plus importante des mesures pour répondre à plusieurs de ces problèmes et en même temps de stimuler l’économie, est de remonter à nouveau la part de la valeur créée dans les entreprises qui va vers les salaires à 70% comme lors des 30 glorieuses.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés