Variations sur un thème connu

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Variations sur un thème connu *, ou la réaction d'un collectif de signataires aux récents propos de Bart De Wever.

Manuel ABRAMOWICZ, Micheline BERTEAU, Christian BOUCQ, Hakim BOUZBIB, Benoît BRABANT, Georges BRIART, Geoffroy CARLY, Eric CLEMENS, Didier COEMELCK, Didier CORNET, Jean DAEMS, Eric DECREME, Myriam DELLACHERIE, Brigitte DERONNE, Bernadette DESMET, Cecilia DIAZ, Xavier DUPRET, David DUSOULIER, Luc DUSOULIER, Sophie DUSOULIER, Ronald DUVAL, Fabrice EEKLAER, Jamal El GUEDDARI, Jules ERNOUX, Mélanie EVRARD, Eric FALLA, Professeur émérite UCL René FIASSE, Arnaud GORGEMANS, Mario GOTTO, Albert HARDY, Jean-Jacques HOQUEZ, Eva Maria JIMENEZ LAMAS, Bruno LEFEBVRE, Vincent LURQUIN, Charlotte MAISIN, Marc MAESSCHALCK, Eric MASSIN, Philippe MEURIS, Marc MOREAU, Véronique ORUBA, Aniko OZORAI, Jean-Marie PAQUAY, Françoise PIERLOT, Rudy PIRQUET, Jacky QUINTART, Jean-Paul RIJCKAERT, Richard RODESCH, Dominique ROLAND, Magali ROMAN, Françoise ROMATIF, Jean-Pierre SABOT, Faouzi SALEM, Laurence SCHAERS, Jacques THIELEN, Willy THIJS, Vincent VAN LEYNSEELE, Michel VERCAEMPST, José VERMANDERE, Isabelle WANSCHOOR, Françoise ZICH

 

Quand ils ont voulu interdire l’arrivée des migrants, sous prétexte de maintenir notre niveau de sécurité sociale, je me suis tu, car je voulais garder ma sécu…

Quand ils ont dit qu’il fallait limiter dans le temps la durée du droit au chômage, pour inciter à retrouver du travail, je me suis tu, j’étais travailleur actif…

Quand ils ont dit qu’il fallait supprimer ou limiter la prise en charge de maladies coûteuses pour les vieux, ne plus rembourser certains médicaments…je me suis tu, j’étais en bonne santé…

Quand ils ont voulu allonger la durée de vie active pour avoir droit à une pension, j’étais encore jeune, et je ne pensais pas à ma pension…

Quand est arrivé mon tour de perdre mon emploi, de tomber gravement malade, d’arriver à l’âge où on n’en peut plus de travailler…je me suis retrouvé tout seul, nu, sans ressources, j’ai été contraint de vendre ma maison, dépendre de mes proches…Il n’y avait plus de sécurité sociale pour me protéger ! "

De Wever est intellectuellement malhonnête. Il sait pertinemment bien que les migrants ne sont pas responsables du recul de notre sécu. Les études de l'OCDE montrent que, dans les pays industrialisés, les migrants paient plus d'impôts et de cotisations sociales qu'ils ne reçoivent d'allocations.

De Wever est un menteur : il ne veut pas préserver le niveau de notre sécurité sociale. Il veut la communautariser, pour mieux la privatiser et en rendre l’accès impossible aux pauvres, aux travailleurs à bas revenus. Il participe déjà à un gouvernement qui l’affaiblit en réduisant ses recettes et en faisant des cadeaux fiscaux aux riches et aux entreprises.

De Wever est un grand bonimenteur. Il tente de détourner nos regards des nantis qui amassent et s’enrichissent comme jamais, en nous faisant croire à nous, qui gagnons modestement notre vie et qui subissons le recul du niveau de protection sociale, que ce sont les plus pauvres que nous qui en sont les responsables.

D’autres avant lui, il y a quelques 80 ans, pas loin de chez nous, ont fait croire que leur politique visait la promotion de leur classe ouvrière, l’emploi pour leurs chômeurs…Leurs techniques de propagande ressemblaient furieusement à celles de De Wever.

Beaucoup les ont crus, avant de se rendre compte du mensonge. Trop tard. Le désastre était là.

L’histoire n’est pas un éternel recommencement. Parfois pourtant elle repasse certains plats. Rarement les meilleurs.

" Plus jamais ça ! " nous disait-on.

A nous d’agir pour que jamais, nous ni nos proches, ne goûtions de ce plat.

 

*Inspiré d’un texte écrit par le pasteur allemand Martin Niemöller (1892–1984)

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