2018, année piège pour Merkel

Vincent Georis

La popularité de Merkel décline en Allemagne

Nul n’est prophète en son pays, dit l’adage. Angela Merkel le sait mieux qui quiconque, elle qui, en Europe, s’est taillée une stature comparable à celle d’un Kohl ou d’un Mitterrand, alors qu’en Allemagne sa popularité s’érode sur l’écueil d’une coalition introuvable. Voici douze ans que la Chancelière dirige la première puissance économique européenne. À onze reprises, Forbes l’a désignée comme "la femme la plus puissante du monde". Pourtant, les derniers résultats électoraux et les sondages montrent des signes de déclin.

Angela Merkel avait prédit ce repli et renoncé à prétendre à un quatrième mandat. L’élection de Donald Trump finit par la convaincre, avec un appel solennel d’Obama de se présenter. Les relents protectionnistes et europhobes du nouveau Président lui ont donné raison.

La relève démocratique, incarnée par des dirigeants comme Macron, n’est pas encore installée partout en Europe.

L’Europe a tout à gagner de voir Angela Merkel rempiler. Son expérience en fait une excellente équipière pour Emmanuel Macron. Elle connaît, mieux que tous, les leviers de pouvoir en Europe et dans le monde. Elle est devenue incontournable pour les autres dirigeants européens qui sollicitent souvent son appui.

Lors de la crise migratoire, cette ancienne réfugiée d’Allemagne de l’Est a sauvé l’honneur d’une Europe fermée à la misère du monde, tout en consolidant les frontières de l’UE.

Ses adversaires de droite populiste et d’extrême droite, de Viktor Orban à Marine Le Pen, sont revenus à l’avant-plan. Europhobes, protectionnistes et le plus souvent anti-libéraux, ils profitent du recul des sociaux-démocrates et du centre droit pour pousser une vague nationaliste stérile. Ils seront, en 2018, plus présents que jamais à mettre des bâtons dans les rouages du moteur européen. Au risque d’abîmer l’économie du continent.

Pour les contrer avec de nouveaux projets, la relève démocratique, incarnée par des dirigeants comme Macron, n’est pas encore installée partout en Europe.

Merkel devrait endosser, et mener à terme, ce quatrième mandat, pour le bien d’une Europe dont l’avenir se joue dans les jours qui viennent à Berlin.

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