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Jean-Paul Bombaerts

Les sanctions à l’égard des chômeurs ont chuté.

Les allocations de chômage illimitées dans le temps sont une spécificité belge. Régulièrement remis en question, le système survit pourtant vaille que vaille à toutes les attaques – dont la dernière par la N-VA pas plus tard qu’avant-hier –, car il est considéré comme un rempart contre la pauvreté. Toutefois, pour pouvoir conserver ce caractère illimité dans le temps, un contrôle du comportement de recherche d’emploi et de la disponibilité des chômeurs s’impose.

L’un ne va pas sans l’autre. Or, à la lecture des nouveaux chiffres de l’Onem concernant l’activation des chômeurs, on constate que les sanctions ont chuté en 2016 et 2017 par rapport à 2015, dernière année où le système était géré par l’Onem. Le constat vaut surtout pour Bruxelles et la Flandre. Le cliché du chômeur wallon dorloté par le Forem en prend pour son grade. Le transfert de compétences avait pour but des gains d’efficacité. Pour l’instant, on est loin du compte.

Le transfert de compétences avait pour but des gains d’efficacité. Pour l’instant, on est loin du compte.

Bien sûr, il y aura toujours des personnes qui confondent assurance chômage et "Win for life". C’est pour débusquer ces éléments "récalcitrants" que les services de l’emploi ont pour mission de sévir. Mais l’essentiel du problème n’est sans doute pas là. Sanctionner les chômeurs est la contrepartie de la solidarité mais ne réduira le chômage qu’à la marge. À la base, il y a cet énorme "mismatch" entre offre et demande sur le marché de l’emploi: 130.000 places vacantes ne trouvent pas preneur parmi les 380.000 chômeurs demandeurs d’emploi. Le marché de l’emploi en Belgique est à cet égard un des plus tendus en Europe.

Trop de jeunes sortent de l’école sans diplôme ou avec un diplôme qui n’est pas en adéquation avec les demandes des employeurs. Les services de l’emploi devraient encore davantage promouvoir des formations utiles, vers des métiers en pénurie par exemple. Mais il faut aussi agir en amont, au niveau de l’école. Sans pour autant verser dans l’utilitarisme pur et dur, notre enseignement devrait s’efforcer de mieux s’ajuster aux demandes du marché de l’emploi.

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