Jean-Paul Bombaerts

Examen d’entrée en médecine, une première.

Ce vendredi, 4.200 étudiants ont rendez-vous au Heysel pour le premier examen d’entrée en médecine organisé en Belgique francophone. Tous rêvent de pouvoir un jour décrocher leur téléphone et d’entendre: "Allô Docteur?" Huit mois qu’ils se préparent pour cette épreuve. Et pourtant, seul un sur dix passera…

Ce n’est pas parce qu’un deuxième médecin vient s’installer dans ma rue que je serai deux fois plus malade.

Reste à voir si ce dispositif permettra d’assurer le "matching" entre offre de médecins et demande de soins. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’offre actuelle n’est pas satisfaisante, surtout au niveau des généralistes. Plusieurs raisons à cela: des numéros non utilisés par des médecins inactifs, la ruralité qui n’attire pas les professions médicales, le désir des jeunes généralistes d’avoir un horaire moins chargé, la féminisation de la profession (42% travaillent à temps partiel). Sans oublier le vieillissement qui aggravera les pénuries. La moitié des généralistes en Belgique francophone ont plus de 55 ans. Or il faut 9 ans pour former un médecin généraliste.

Résultat: on arrive à cette situation ubuesque de devoir importer des médecins étrangers pour combler certaines places vacantes dans les cabinets et hôpitaux. Ils représentent aujourd’hui 6% de nos spécialistes.

L’argument à la base de la limitation est simple, voire simpliste: trop de médecins égale surconsommation. Mais on attend toujours l’étude qui montre noir sur blanc ce lien de cause à effet. Ce n’est pas parce qu’un deuxième médecin vient s’installer dans ma rue que je serai deux fois plus malade.

Par contre, il y a un lien autrement plus évident entre surconsommation médicale et système de paiement à l’acte. Si on veut effectivement brider la consommation, plutôt que de se fixer sur le nombre d’étudiants qui s’inscrivent en médecine, il serait plus rentable de miser sur la prévention. Mais c’est sans doute moins sympa comme boulot de médecin… Tout aussi peu sympa mais sans doute nécessaire: pourquoi ne pas inciter davantage les jeunes diplômés à s’installer en zone rurale plutôt qu’à Bruxelles où les médecins se marchent sur les têtes?

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