Assez de médiocrité, on veut de l'ambition!

Un an après les élections, c'est toujours le grand flou.

Cela fait un an. On dirait un siècle. Le 26 mai 2019, les Belges votaient et faisaient grandir une ligne de fracture déjà bien connue. En résumé: le sud penche à gauche, alors qu’un fort courant droitier et nationaliste anime le nord. PS et N-VA, sortis premiers de leur groupe linguistique respectif, incarnent ce grand écart.

Depuis lors, rien n’a permis de rapprocher les points de vue. On a bien essayé par moment de former un gouvernement, mais la peur a été plus forte. La peur d’y aller, de se compromettre dans un programme tiédasse. La peur de décevoir ses électeurs et d’en faire les frais aux élections suivantes. La peur du populisme qui guette en embuscade.

Seule une pandémie a forcé une majorité improbable et temporaire, sans autre projet que de gérer la crise sanitaire et ses conséquences socio-économiques immédiates.

Cette année de crise aura au moins mis tout le monde d’accord sur un point: le montage institutionnel belge ne fonctionne pas. Ceux qui faisaient encore semblant de ne pas le voir ne peuvent plus l’ignorer depuis que le coronavirus en a étalé les limites au grand jour. C’est une bête histoire de masques qui nous l’a mis sous le nez.

Une refonte complète du modèle belge s’impose.

Rafistolée au fil des réformes de l’État, notre tuyauterie du pouvoir est devenue si complexe que plus personne n’en a encore la maîtrise. Elle complique tout. Elle est source de lenteur, d’indécision, d’inefficacité, de gabegie. Entre entités fédérale et fédérées, chacun a son morceau de pouvoir, son mot à dire, sa capacité d’obstruction. Un sac de nœuds.

Ce pays passe son temps à bricoler sur lui-même et en a oublié toute ambition. Il est content quand il ne s’en sort pas trop mal, il est ravi quand il ne fait pas moins bien que les autres. C’est d’jà bon: tu parles d’un projet.

Au nom de l’efficacité et pour pouvoir se projeter dans le futur, une refonte complète du modèle belge s’impose. Ce chantier, certes vaste et périlleux, est au moins aussi important qu’un plan de relance post-corona. Il en fait même partie, puisque la machine est grippée.

Les partis francophones doivent accepter d’en parler, d’y travailler volontairement, sans tabou. Pas pour s’aplatir devant Bart De Wever, pas pour exploser le pays. Mais parce que, en l’état, l’éclatement des compétences et la dilution des responsabilités pénalisent tout le monde. On a tous besoin d’autre chose, on mérite mieux. Assez de médiocrité, on veut de l’ambition!

Un an après les élections

DOSSIER | Un an après les élections

Le Covid-19 a tout changé alors que le paysage semblait bloqué depuis les élections du 26 mai 2019. La crise sanitaire puis économique provoquera-t-elle un sursaut? Comment la politique est-elle pratiquée en ces temps troublés? État des lieux.

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