Aux limites de l'impensable

De nouvelles "limites de l’impensable" ont été franchies: la BCE va désormais racheter des obligations d’entreprises.

On ne peut que saluer l’extraordinaire détermination de la Banque centrale européenne et de son président Mario Draghi. Mais quoi qu’en dise ce dernier, l’institution de Francfort sera bientôt à court de munitions.

De nouvelles "limites de l’impensable" ont été franchies hier. La BCE va désormais racheter des obligations d’entreprises. Plus fort encore, dans le cadre de son nouveau programme de prêts à long terme, elle va payer les banques qui prêtent de l’argent aux particuliers et aux entreprises. Les banques vont en effet pouvoir emprunter au taux de 0%, mais bénéficier d’une réduction de taux en fonction du volume de prêts réalisés. Vous avez dit "anormal"? Mario Draghi vous répondra que la situation conjoncturelle est tout aussi "anormale" avec cette économie et surtout cette inflation qui refusent de repartir de l’avant.

Que reste-t-il comme options? Déverser directement de l’argent sur les comptes de tous les ménages européens?

Mais après un tel package de mesures, que reste-t-il encore comme options à la BCE? Acheter des junk bonds? Des actions cotées? Prêter directement de l’argent aux ménages sans passer par la case banques? Ou alors déverser directement de l’argent sur les comptes de tous les ménages européens pour qu’ils le dépensent? Il y a des limites à ne pas franchir. Et les Allemands, partisans de la rigueur monétaire, vont sans doute le rappeler au banquier italien. Déjà, Mario Draghi semble avoir réglé la question des taux d’intérêt négatifs. La baisse du taux de dépôt de la BCE à -0,40% semble être la dernière. Pas question de pousser les taux plus bas. Avec le danger de déstabiliser les banques mais surtout de provoquer des réactions épidermiques dans le chef de l’épargnant si les taux deviennent négatifs sur les livrets d’épargne.

Les sondages, dont celui de "L’Echo" samedi dernier, montrent que l’épargnant retirerait assez massivement son argent de ses comptes. Non pas pour le dépenser, mais pour le placer sous son matelas. Le parfait exemple d’une mesure nuisible à la confiance. Draghi semble l’avoir compris. Serait-ce l’annonce d’un retour vers une certaine "normalité"?

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