Banque et acier, même combat!

Jérémie Demeyer

Sur le montant des taxes bancaires

Les banques se plaignent de payer trop d’impôts. C’est d’autant plus légitime que sans banque, il n’y a pas d’économie. Mais permettez-nous, pour bien démarrer l’année 2018, de poser une question principielle: est-il légitime qu’une banque paie plus d’impôts qu’un autre type de société?

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser après un réveillon et un premier jour de l’an bien fêté, la réponse ne se trouve pas au sein du clivage gauche-droite. La réponse est économique.

La banque de cette fin de décennie, c’est la sidérurgie du début des années 80. Et ça, ça ne se résout pas en jouant sur l’impôt.

Deux éléments nous poussent à penser qu’il est tout à fait normal que les banques paient plus d’impôts que les autres entreprises. Premièrement, la collectivité protège les dépôts. Tout le monde l’a vu lors de la crise bancaire. Cette protection peut être assimilée à une assurance. Or une assurance cela se rémunère. Deuxièmement, l’exonération sur le compte épargne et l’incitant sur l’épargne-pension sont deux véhicules fiscaux mis en place par l’Etat qui peuvent être considérés comme des soutiens au secteur bancaire. Il faut faire appel aux services d’une banque pour en bénéficier. Voilà, pour le raisonnement théorique.

D’un point de vue économique, les banques souffrent comme jamais. Les taux sont toujours aussi bas, les marges se réduisent comme peau de chagrin, la régulation et le contrôle ne cessent d’augmenter alors que dans le même temps, la transformation et la digitalisation du métier demandent un changement de paradigme total. Les banques sont donc au bord de la rupture.

Et sont en attente de vision, de soutien et de réflexion du monde politique plutôt que de devenir la vache à lait de l’ajustement budgétaire gouvernemental. Et ce d’autant plus que même si l’image peut choquer (mais n’a-t-on pas pris comme bonne résolution de ne plus se voiler la face), le secteur bancaire de cette fin de décennie, c’est le secteur sidérurgique du début des années 80. Et ça, malheureusement, cela ne se résout ni en diminuant ni en augmentant les impôts.

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