Bruxelles en affaires continuantes

Pauline Deglume

L’accord de gouvernement bruxellois.

Malgré l’obligation de devoir former une coalition sur la base des résultats sortis des urnes dans deux groupes linguistiques et avec pas moins de six partis autour de la table, c’est tout de même la Région bruxelloise qui est parvenue à boucler un accord de majorité avant (presque) toutes les autres entités du pays (les germanophones, on ne vous oublie pas, promis!).

Face aux atermoiements de l’Open Vld et aux tentatives supposées d’utiliser la capitale comme levier pour d’autres niveaux de pouvoir, les négociateurs bruxellois sont restés assez sereins. Le ministre-président Rudi Vervoort (PS) qui vante souvent Bruxelles comme étant un vecteur de stabilité dans le pays a réussi son pari en installant le nouvel exécutif avant la Fête nationale. Même si la présentation un peu brouillonne faite à la presse ce mercredi donnait l’impression qu’un délai de 24 heures n’aurait pas été de refus.

Plusieurs mesures importantes sont en réalité le fruit de décisions prises durant la précédente législature.

La stabilité, c’est un mot qui définit également assez bien le contenu de l’accord. En effet, plusieurs mesures importantes sont en réalité le fruit de décisions prises durant la précédente législature. Sans être exhaustif, citons la généralisation de la zone 30 prévue dans le plan "Good Move", la mise en place de la stratégie de rénovation urbaine du bâti ou encore la généralisation de la Garantie pour la Jeunesse qui avait fait l’objet d’une annonce par Actiris en janvier dernier.

L’accord présenté il y a cinq ans avait davantage de relief avec le développement des dix nouveaux quartiers prioritaires ou le projet d’un musée d’art moderne et contemporain dans l’ancien garage Citroën.

Soyons indulgents, autant se passer d’effets d’annonce si des stratégies déjà élaborées restent pertinentes sur le long terme. Tant le plan régional de mobilité, qui a fait l’objet d’une large concertation, que la zone de basse émission, dont les premiers effets positifs se font ressentir, méritent d’être confortés. Mais des esprits moins accommodants verront surtout dans l’absence d’annonces choc la conséquence d’une marge budgétaire très restreinte. À ce titre, on s’interroge d’ailleurs sur la manière dont seront financées des mesures comme la gratuité partielle de la Stib ou le revenu de formation. Le volet budgétaire est abordé de manière succincte dans l’accord de gouvernement qui annonce juste un monitoring des dépenses structurelles afin de réorienter les moyens ainsi dégagés dans les politiques d’investissements prioritaires.

Déclaration de politique générale commune

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