Cartel de l'Opep poussé dans les cordes

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L’Opep est moins efficace lorsqu’il s’agit de contrarier la baisse des prix pétroliers (son taux de succès est de 75 %) que d’« encadrer » leur hausse.

Bruxelles (L'Echo) - Si l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) peut se féliciter d’une chose, c’est certainement d’avoir réussi à encadrer la hausse des prix pétroliers depuis 2001.

Grâce à sa stratégie d’ajustement au coup par coup de l’offre de brut pour coller au plus près à la consommation (au point de donner parfois le sentiment de rationner le marché), le cartel est parvenu à profiter pleinement du troisième choc pétrolier. Un choc de la demande (et non de l’offre comme lors des deux précédents) qui a propulsé les cours du baril WTI de moins de 10 USD à un sommet de quasi 147 USD en juillet.

La vigueur de la demande a, certes, donné l’impression à certains moments de dépasser les capacités de production de l’Opep. Mais dans l’ensemble ce que l’on retiendra surtout c’est la discipline de ses membres quant au respect de leurs quotas de production. Une discipline qui risque à l’avenir d’être scrutée avec encore plus attention par les marchés car autant il peut paraître facile d’accorder ses violons en période de hausse des cours, autant cela est moins évident lorsque les prix se contractent.

Or, lesdits prix ont flanché de près de 30 % à 104 USD/baril en quelques semaines. Et leur glissade est loin d’être anodine car elle correspond à un changement des fondamentaux sur le marché. Comme en atteste la courbe des cours à terme du pétrole (l’écart entre les cours à 1 et 15 mois est passé de -6 à +4 USD entre avril et septembre), le marché est brutalement passé d’une situation de déficit de l’offre à un surplus de la production.

En cause, les répercussions récessionnistes de la crise du crédit dans l’économie réelle. Du coup, la demande pétrolière se tasse et les stocks devraient progressivement se regonfler. Une perspective synonyme de baisse des prix pétroliers qui ne fait pas l’affaire de l’Opep. L’Organisation aura à cœur de réduire prochainement sa production pour enrayer la baisse de ses rentrées en pétrodollars. D’autant que le regain de vigueur du billet vert, qui est pourtant positif pour le cartel, tend à alimenter le trend baissier de l’or noir.

Mais on sait que les baisses de quotas de l’Opep ne parviennent que dans 75 % des cas à stabiliser ou redynamiser les prix du baril de brut. Il lui arrive en effet de sous-estimer la réponse à apporter au repli conjoncturel. Ce fut le cas en 1998 et 2001. Qu’en sera-t-il en 2008-2009 ?

par
Luc Charlier
Éditeur Marchés et Placements

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