1

Ce pays où personne n'est chef

©Debby Termonia

De la limite de la dilution des responsabilités

On serait pessimiste, on n’en mènerait pas large. L’air du temps est en effet au "tout fout le camp dans ce pays. Il n’y a plus rien qui fonctionne, aucune ambition ni grand projet possible". Mon bon monsieur, ma bonne dame, on ne peut pas totalement vous donner tort. Prenez ce projet de pacte énergétique entre entités: il doit nous emmener vers une nouvelle dimension et une vraie ambition en la matière. Or il n’est pas encore sorti de l’état de brouillon que – déjà – il se fait plomber par la N-VA qui juge que, finalement, 2025 pour sortir du nucléaire, ce n’est pas une si bonne idée. Et nous voilà condamnés à palabrer.

Le système fédéral belge montre clairement ses limites dans toute une série de grands dossiers.

Le dossier du stade national? Un vaudeville où le niveau local et les Régions se sont emmêlés les pinceaux, avec le Fédéral en embuscade. Le "grand" musée d’art contemporain de la Région bruxelloise dans le bâtiment Citroën? Un "truc" ficelé dans son coin sans l’appui du Fédéral et de la Communauté française, qui aurait pu prêter des œuvres… Allez, un dernier pour la route? La mobilité. Ah, ça, n’espérez pas désengorger Bruxelles avec 19 communes, trois Régions et le Fédéral qui ont leur mot à dire sur cette compétence avec à la clé une responsabilité ultra-diluée. Et on ne vous parle pas du dossier de l’aéroport de Bruxelles.

Mais heureusement: on est optimiste. En cela, la suggestion du libéral flamand Alexander De Croo de procéder à une certaine hiérarchisation des décisions et des normes ne peut être balayée du revers de la main. Il n’est pas idiot de penser que dans certaines matières, il faut un chef en bout de chaîne, une entité qui décide et a le dernier mot. En matière énergétique cela pourrait être le Fédéral, mais à Bruxelles, pour la mobilité, la Région.

Bien sûr, cela induit d’ouvrir une énième fois la boîte à outils communautaire et de remettre l’ouvrage sur le métier. Mais franchement, ça ne doit effrayer personne. On avance par essais et erreurs: ce que les Belges (Flamands, francophones, germanophones) demandent c’est de l’efficacité. Que leurs impôts soient utilisés au mieux. Il est salutaire de pouvoir constater qu’aujourd’hui, dans toute une série de domaines, le système fédéral ne fonctionne pas.

Contenu sponsorisé

Partner content