Chaos et confusion

Après la décision de la Haute Cour de Londres

Margaret Thatcher avait coutume de dire que tous les arrangements monétaires européens en vue de la création de l’euro étaient "half-baked", des processus mal ficelés, à moitié cuits, un peu stupides…

Que dire alors de ce Brexit? La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon n’a pas tort lorsqu’elle avance que la décision prise hier par la Haute Cour de Londres d’obliger le gouvernement à passer par la case du Parlement souligne le chaos et la confusion qui règnent au Royaume-Uni. Ou plutôt désuni quand on sait que l’Écosse et l’Irlande du Nord ont voté contre le Brexit. Selon Sturgeon, les débats parlementaires devraient exposer au grand jour le manque total de cohésion britannique sur le sujet.

Les débats parlementaires devraient exposer au grand jour le manque total de cohésion britannique.

D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement? Boris Johnson, pourtant présenté comme le plus ardent défenseur du Brexit, avait indiqué dans une tribune – non publiée mais révélée récemment par le "Sunday Times" – que rester dans l’Union européenne serait une… "aubaine".

Pire peut-être, Theresa May, lors d’une conférence donnée pour Goldman Sachs un mois avant le vote, avait défendu le "Remain". Devant un parterre de banquiers, selon le "Guardian", elle avait sérieusement mis en garde contre les conséquences économiques d’un Brexit. Elle était alors secrétaire d’Etat à l’Intérieur du gouvernement de David Cameron. Comprenne qui pourra…

Bien entendu, si la décision de la Haute Cour de Londres vient singulièrement compliquer la tâche de Theresa May, on voit toutefois assez mal le Parlement bloquer le Brexit et aller à l’encontre du résultat d’un vote populaire. Ce serait la porte ouverte à une crise encore plus profonde et à d’éventuelles élections. Le Parlement pourrait en revanche contraindre le gouvernement à faire des concessions et limiter l’impact de la sortie de l’Union européenne. Ambiance garantie à Westminster!

Pour paraphraser Margaret Thatcher, oui, ce Brexit est décidément "half-baked".

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