De petits maux qui grandissent

©Sofie Van Hoof

Les actes de violence urbaine à Bruxelles

Nommons les choses. Des supporters de l’équipe marocaine de football fêtent une victoire; quelques dizaines de crapules, du jour ou de toujours, en profitent pour piller et saccager. Un héros des réseaux sociaux convoque ses fans sur une place; le rendez-vous tourne au pugilat. Deux éclats de violence en moins d’une semaine en plein cœur de Bruxelles.

Nommons les choses: il y a d’abord et avant tout ces turpitudes quotidiennes qui sont le lot d’une minorité de vauriens.

Au lendemain de ces événements, les commentaires politiques et médiatiques condamnent évidemment les actes et fustigent les causes vraisemblablement multiples. En Flandre, des voix politiques et médiatiques en profitent pour s’interroger sur la capacité de la capitale à s’autogérer, oubliant que, voici quelques semaines, Anvers et les environs de Bruges étaient le théâtre de débordements comparables, sans qu’aucun de ces mêmes commentateurs ne se demande si la Flandre était capable de s’autogérer.

D’aucuns déplorent l’impréparation/la négligence/l’indifférence/le manque de moyens — biffer la ou les mentions inutiles — des forces de l’ordre. D’autres encore pointent la déliquescence sociale, cet horizon sombre que des écoles tristes peinent à colorer, ce communautarisme religieux rampant et souvent destructeur qui oppose plus qu’il ne rassemble, le racisme tapi au fond des esprits, l’économie chagrine, bref cet environnement qui participe d’un spleen débouchant sur des bouffées agressives…

Il y a tout cela ou beaucoup de cela dans ce qui s’est passé. Mais nommons les choses: il y a d’abord et avant tout ces turpitudes quotidiennes qui sont le lot d’une minorité de vauriens. Des grands adolescents qui finissent par régner sur des semblants de territoires. Des gamins qui, à force de petites incivilités impunies ou tolérées, croient que "l’autre" est faible, et repoussent sans cesse les limites jusqu’à se muer en vandales lorsque "l’occasion" se présente ou, dans l’anonymat d’une meute improvisée (ou non). Comme ce fut le cas samedi et mercredi. C’est sur ce petit terrain, visqueux et difficile, que commence la reconquête des valeurs qui fondent notre société.

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