Éviter, demain, d’autres Trump

Newsmanager

Joe Biden est aux portes de la Maison-Blanche. Mais le "trumpisme" n'est pas mort pour autant.

Sept millions. C’est, approximativement, le nombre de voix supplémentaires glanées par Donald Trump entre 2016 et 2020. Le milliardaire républicain a récolté le deuxième total de suffrages le plus élevé jamais obtenu par un candidat à l’élection présidentielle américaine, dépassant Barack Obama en 2008. Son seul problème est que le lauréat de ce classement particulier est Joe Biden.

Bien sûr, la participation élevée explique ce phénomène. Mais il témoigne justement que Trump reste très populaire aux États-Unis. "Ce qui est en jeu, c’est notre démocratie", avait dit Barack Obama avant le scrutin. Pourtant, environ 70 millions d’Américains ont voté, en conscience, pour un candidat populiste, extrémiste, misogyne, raciste, menteur, dangereux, démagogue… Un homme qui, depuis la fermeture des bureaux de vote mardi dernier, a sciemment sapé la démocratie de son pays en essayant de délégitimer, sans preuves, le processus électoral. Même si certains ressorts du vote "pro-Trump" sont parfaitement respectables, c’est un uppercut envoyé à tous les démocrates.

Pour ramener les électeurs tentés par les extrêmes dans le jeu démocratique, il n’y a pas de recette miracle. Mais il ne suffit pas de quelques incantations péremptoires dénonçant le mal.

Trump n’est pas un accident de l’histoire. Il n’est plus une surprise. Il n’incarne plus un vote de protestation, mais bien un vote d’adhésion. Le "trumpisme" survivra à Trump. Malgré le spectacle pathétique des derniers jours, on aurait tort de croire qu’il s’agit d’une spécificité de cow-boys américains. On aurait tort de se reposer sur le soulagement né d’une élection de Joe Biden. De ce côté-ci de l’Atlantique aussi, Trump plaît à beaucoup de monde. Chez nous aussi, les théories du complot fumeuses et les faits alternatifs séduisent. En Europe aussi, des politiciens aux idées simplistes, populistes et extrémistes font florès. Certains exercent déjà les plus hautes responsabilités. D’autres y aspirent. Tous voient qu’il y a un potentiel électoral indéniable même en jouant la politique du pire.

Il faut éviter, demain, d’autres Trump, à Washington, Paris, Londres, Berlin, Rome, Bruxelles ou ailleurs. "Ce qui est en jeu, c’est notre démocratie". Nos libertés. Nos valeurs. Notre prospérité. Il n’est pas question de les brader. Pour ramener les électeurs tentés par les extrêmes dans le jeu démocratique, il n’y a pas de recette miracle. Mais il ne suffit pas de quelques incantations péremptoires dénonçant le mal. Il faut moins de leçons de morale, moins de mépris, moins de condescendance. Il faut, au contraire, du respect et de l’écoute. Il faut une probité exemplaire des responsables politiques. Il faut investir dans l’éducation. Il faut s’occuper des problèmes des gens, répondre à leurs inquiétudes. Il faut leur offrir une protection économique, sociale et sécuritaire. Il faut de la conviction. Il faut des actes. C’est un travail quotidien.

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés