Facebook ne doit pas faire peur

Sarah Godard

Europe, réveille-toi

Sans exagérer. Il n’y aura bientôt plus un seul marché sur lequel Facebook et consorts n’auront, un jour ou l’autre, débordé: petites annonces, paiements en ligne, publicité, vidéos en direct, jeux… et désormais l’immobilier. Tout y passe. Il est donc bien compréhensible, même inévitable, que l’on s’en alarme. C’est qu’il y a de (très) bonnes raisons de se méfier et de se protéger de ces multinationales américaines qui s’acquittent avec une relative indifférence des amendes que l’Europe leur inflige.

Nul ne peut être le meilleur en toute chose et nul ne connaît aussi bien le marché immobilier que les acteurs qui le composent.

Les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) combinent des atouts de taille, qui les rendent incontournables sur le plan économique: l’accès et le contrôle d’un marché gigantesque et constamment approvisionné de données, la force inextinguible des effets de réseaux et une capacité d’investissements qu’envieraient sûrement certains Etats. Ajoutez à cela les progrès de l’intelligence artificielle et de la réalité augmentée et vous les rendrez invincibles en quelques années.

On ne va pas se mentir: ça effraye un peu. Mais l’histoire nous enseigne aussi que lorsqu’une entreprise s’aventure sur des terrains trop éloignés de son cœur d’activité, lorsqu’elle se disperse trop volontiers au gré des tendances de marché, l’échec finit souvent par être la seule issue possible. "Too big to fail". Pensez à eBay, par exemple. Nul ne peut être le meilleur en toute chose et nul ne connaît aussi bien le marché immobilier que les acteurs qui le composent depuis des décennies. D’autant que si Facebook veut bouleverser le secteur en ajoutant, par exemple, à la mise en relation le transfert de fonds, il se heurtera nécessairement au cadre rigide de la réglementation administrative et à la fiscalité en ce domaine. Sûr que ça va les faire marrer.

Et même s’il joue les cow-boys, Facebook ne doit pas faire peur au marché immobilier, pas plus d’ailleurs qu’à n’importe quel autre secteur d’activité en Belgique ou en Europe. Non. Facebook doit le réveiller, le secouer. Il est temps qu’il aille de l’avant, qu’il accélère sa révolution.

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