Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Anne-Sophie Bailly

La nomination de Steven Vanackere fait remonter à la surface des pratiques qu’on croyait datées du siècle dernier.

La BNB vit-elle à la même époque que nous? On peut se poser la question tant la nomination de Steven Vanackere en remplacement de Marcia De Wachter fait remonter à la surface des pratiques qu’on croyait datées du siècle dernier.

En premier lieu, l’absence de femmes dans les instances dirigeantes. Dans le comité de direction de la BNB, on en compte désormais… zéro. Au comité de régence, c’est une sur 17. On a vu mieux comme équilibre homme-femme. Et même si la banque a récemment nommé une manager de la diversité aux ressources humaines, elle n’est visiblement pas encore parvenue à faire sauter le plafond de verre. Le banquier des banquiers reste un club pour hommes.

Au passage, on rappellera que la BNB est une société cotée. Et que l’État – son actionnaire à 50% – impose désormais que les conseils d’administration des sociétés cotées accueillent un tiers de femmes à leur table.

Que dire du salaire pour le moins généreux des directeurs et du gouverneur de l’institution? Ce dernier est mieux rémunéré que le Premier ministre, le président de la Fed ou de la BCE.

Faites ce que je dis…

Que dire du salaire pour le moins généreux des directeurs et du gouverneur de l’institution? Ce dernier est mieux rémunéré que le Premier ministre, le président de la Fed ou de la BCE. En parallèle, on rappellera que le gouvernement a limité le salaire des top managers dans les entreprises publiques. Et qu’au sein de la BNB, l’égalité salariale homme-femme reste toujours un chantier en devenir.

Faites ce que je dis…

Quant à la bonne gouvernance? Un comité de direction de 6 personnes – toutes politisées – et un conseil de régence du triple pour un effectif global de 1.900 personnes et des missions partiellement déviées vers Francfort, cela se passe de commentaires.

Faites ce que je dis…

Un coup d’œil à la pyramide des âges. La BNB rationalise ses services et sièges locaux. Comment? En proposant notamment à son personnel le plus âgé d’arrêter de travailler tout en conservant une partie de son salaire. Une mesure mise en place par la même institution qui recommande régulièrement aux autorités d’inciter les entreprises à garder au travail le personnel le plus âgé le plus longtemps possible.

Faites ce que je dis…

En un mot comme en cent, la nomination de Steven Vanackere est une occasion manquée. De faire entrer la BNB dans notre époque. Celle de la diversité, de l’égalité homme-femme, de la finance ouverte sur la société. De se poser en exemple. En appliquant à soi-même ce que l’on impose aux autres.

On terminera avec un petit conseil au gouvernement, aux partenaires sociaux, au ministre des Finances qui nomment les directeurs de la BNB. Lisez notre analyse "Les femmes prennent du galon dans le Bel 20", on y compare les performances des sociétés cotées dirigées par des femmes à celles des entreprises menées par des hommes. C’est instructif.

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