Flexibilité sans précarité

Nathalie Bamps

Les formes atypiques d’emploi se multiplient.

Avec l’accélération du développement des nouvelles formes d’emploi atypiques (qui ne sont ni des CDI, ni des emplois d’indépendant complet), les tensions sociales risquent de croître si l’on n’y prend garde. Car sans être un minimum encadrées, ces formes d’emploi risquent de mener droit à la précarité. Les périodes de chômage qui s’enchaînent à la queue leu-leu avec des mini-contrats donnent droit à relativement peu de protection sociale, et compliquent les choix de vie de ceux qui les subissent.

Résultat, les syndicats crient à la précarisation des emplois. Brandissant des chiffres qui ternissent le bilan des créations d’emplois. Parfois à raison. La grève déclenchée lundi chez Deliveroo en est le parfait exemple. Poussés dans le dos à opter pour un statut d’indépendant payé au lance-pierres, les travailleurs ont décidé de débrayer, laissant des centaines de clients sans leur souper du soir. Et des exemples comme cela risquent de se multiplier.

De nombreuses formes d’emploi sont entrées dans une zone grise, à mi-chemin entre le salarié classique et l’indépendant libre de ses choix.

Une récente étude du secrétariat social Securex montre en effet qu’aujourd’hui, de nombreuses formes d’emploi sont entrées dans une zone grise, se situant à mi-chemin entre le salarié classique et l’indépendant entièrement libre de ses choix: des consultants externes, des free-lances, des intérimaires, des "moonlighters" (qui cumulent plusieurs emplois ou un job salarié et un job indépendant). Autant de formes d’emploi où le travailleur n’est pas autonome, mais ne bénéficie pas de la sécurité offerte par le CDI classique.

L’économie numérique et/ou collaborative réclame certes une flexibilité plus grande des statuts. Le modèle du salarié classique en CDI de 38H semaine ne peut plus être appliqué de manière indifférente partout, sans tenir compte des évolutions de la nouvelle économie. Alors, comment assurer la flexibilité du marché du travail sans précariser les travailleurs? Peut-être en s’attaquant à la constitution d’un nouveau statut, mieux adapté que le CDI classique aux évolutions, mais qui ne laissera pas ces nouveaux travailleurs sur le bord du chemin.

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