Football déraison

Neymar au PSG pour 222 millions d’euros.

Panem et circenses. Du pain et des jeux. Le PSG n’a pas inventé la recette. (Rendons à César ce qui appartient à César). Mais en levant la clause libératoire à 222 millions d’euros de Neymar pour rapatrier l’attaquant de Barcelone dans leur équipe, les dirigeants parisiens repoussent aujourd’hui les limites du sport.

Le fair-play financier? Il n’a pas été inventé pour réguler le marché des transferts. Le ballon rond est devenu une bulle.

Comme dans une bulle, on spécule. Prix du transfert, primes à la signature, commission d’agents, salaires (30 millions d’euros net annoncés par an), et tous les "à côté" pris en compte (chèque pour papa et tickets d’avions pour la smala à volonté vers le Brésil), le "coup" Neymar pourrait coûter près de 600 millions d’euros aux émirs du Qatar qui détiennent aujourd’hui les clés du PSG et du football. Et le fair-play financier dans tout ça? Il n’a pas été imaginé pour bloquer la déraison actuelle du marché des transferts, vous répondront les experts.

Ses contours ont été dessinés pour "améliorer la santé financière générale du football interclubs européen" (sic). Éviter, autrement dit, que certains clubs s’endettent au point de ne savoir s’en relever ou accumulent les arriérés de paiements envers leur personnel, d’autres clubs voire même un État. Rien de contraignant sur la masse salariale. Aucun plafond au niveau des dépenses. Si le PSG parvient à gommer le poste Neymar dans la colonne charge de son bilan en vendant des maillots (bien cher) et du show (billets, droits télé), c’est son affaire. Et si le Qatar veut refaire jaillir quelques pétrodollars (en vendant d’autres stars ou en "sponsorisant"), c’est son pognon. Le foot n’est plus qu’un méga business. Soit on accepte les (non)règles du jeu (et on y réfléchit quand même à deux fois quand on franchit le tourniquet d’un stade ou lorsqu’on allume son écran plat). Soit on va voir ailleurs. Réguler autrement que par la loi de l’offre et de la demande? D’autres sports s’y sont frottés. Bilan: que ce soit sur la glace, sur l’asphalte ou sur les parquets de la NBA (championnat sportif qui paie le mieux au monde), en 2017, c’est l’argent qui gagne. Le ballon rond est, lui, devenu une bulle.

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