Football et business

Changements à la tête d’Anderlecht.

"Think out of the box". S’il y a bien un adage que Marc Coucke a importé du monde des affaires depuis qu’il s’est lancé dans le football, c’est celui-là.

Quitte à complètement prendre son monde au dépourvu, comme lorsqu’il nomma, à Anderlecht, Vincent Kompany joueur-manager. Quitte à casser les conventions d’une maison historique, comme lorsqu’il sacrifia le nom sanctifié de son stade au profit des rentrées financières liées à un "renaming".

Le foot est devenu un business comme un autre, où les résultats doivent s’engranger encore bien plus rapidement que dans d’autres secteurs d’activités, faute de quoi il faut rebattre les cartes de la tactique; changer le système. Les fidèles supporters doivent s’y faire. Ils peuvent juste se dire que l’actionnaire fera tout pour que le plan fonctionne puisque c’est son intérêt en tant qu’investisseur. Ce serait oublier un peu trop vite l’âme d’un stade et les valeurs pour lesquelles certains joueurs mouillent encore le maillot.

Au Sporting d’Anderlecht, la situation a rarement été aussi dramatique qu’en ce début 2020, tant sur le plan financier que sur le plan sportif. En s’attaquant vigoureusement au premier de ces deux problèmes, Marc Coucke démontre qu’il en est conscient et qu’il agit tel l’investisseur qu’il est et qui veut réussir.

Sauf que recruter des CEO, des consultants ou nommer des administrateurs indépendants, même s’ils sont des champions dans leurs prés carrés, ne parlera jamais aux fans de foot. Ce n’est pas leur langage.

Ce qu’ils attendent, ce sont des stars du ballon rond, des buteurs. Du spectacle, pas des années de transition.

Les deux sont en ces temps modernes intrinsèquement liés, mais le succès du projet Coucke passera d’abord par le terrain avant de passer par les chiffres. Un terrain où la réalité d’un jour n’est pas la réalité du lendemain. Un terrain qui déroge à toute logique. Un terrain où une simple erreur peut se payer cash. Un terrain où des David n’ont pas fini de renverser des Goliaths. C’est la beauté du sport. Un terrain où, face à cela, le pragmatisme, le bluff ou le cynisme des affaires ne pèse parfois pas grand-chose. Un terrain sur lequel, d’ailleurs, de nombreux multimillionnaires ou milliardaires se sont cassé les dents.

Sur ce terrain, le sportif, Coucke s’est-il assez entouré pour réussir?

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