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Freiner la cadence à la SNCB

©Sofie Van Hoof

Accident ferroviaire à Morlanwelz.

Le dramatique accident ferroviaire qui a coûté lundi soir la vie à deux cheminots d’Infrabel et en a blessé huit autres dont deux grièvement pose la question de la sécurité sur le réseau belge. Condoléances et courage pour les familles et leurs collègues. Des observateurs mettront très vite une partie de la responsabilité sur les économies imposées par le Fédéral au rail belge. Il convient de ne pas aller trop vite pour désigner des coupables et laisser les différentes enquêtes apporter des réponses notamment sur les causes de l’accident.

Il faut ralentir les efforts de productivité demandés aux cheminots et être davantage à l’écoute de leurs doléances sur la charge psychosociale.

Car, quels que soient les objectifs d’économie, tant le transporteur ferroviaire SNCB que le gestionnaire d’infrastructure Infrabel ont toujours refusé de couper dans les budgets consacrés à la sécurisation du réseau belge et des trains. Le gouvernement fédéral a d’ailleurs fait de la sécurité ferroviaire un point cardinal auquel il s’interdit de toucher. Le masterplan élaboré en 2011 pour équiper le couple train-réseau de système d’arrêt d’urgence ETCS est en cours d’exécution et tout porte à croire que les différentes échéances seront respectées. Il faisait suite à l’accident de Buizingen en février 2010.

Mais les objectifs de sécurité ne sont pas que financiers. La charge de travail et les objectifs de productivité imposés aux équipes peuvent parfois entraîner des défauts de prévoyance dans les tâches quotidiennes. La SNCB et Infrabel doivent également se soucier du bien-être au travail du personnel et les conditions dans lesquelles celui-ci travaille.

Or, les représentants des travailleurs n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur ces deux points importants du transport ferroviaire. Les navetteurs demandent des trains à l’heure, réguliers et un maximum de connexions entre les villes. Mais ils seraient encore plus heureux de constater qu’ils confient leur vie à des cheminots qui sont en pleine possession de leurs capacités et qui travaillent dans de bonnes conditions de travail. Il convient pour ce faire de ralentir la cadence des efforts demandés aux cheminots en matière de productivité et d’être plus à l’écoute de leurs doléances sur la charge psychosociale.

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