Gare aux lois émotionnelles

Journaliste

Kris Peeters veut durcir la loi Renault.

Kris Peeters veut durcir la loi Renault. C’est le message qu’il a envoyé aux syndicats jeudi dernier, alors qu’ils rangeaient leurs calicots après la manifestation nationale. Le texte qu’il a soumis au Groupe des dix se veut un signal fort censé contrer les flèches de la gauche pour qui "on licencie trop facilement en Belgique". Peeters n’est pas le premier à avoir cette idée. À chaque fois que de gros dossiers viennent noircir le tableau de l’emploi, on se repose la question: ne faudrait-il pas la lifter, et la rendre plus contraignante?

Ça a été le cas en 2013 – année de la fermeture d’Arcelor, année de la restructuration chez … Caterpillar (déjà). A l’époque, Monica De Coninck avait déjà tiré le même constat. Le dossier avait été mis sur la table des partenaires sociaux. Il est resté clos.

Le rôle des députés n’est pas de négocier des plans sociaux.

Aujourd’hui, la proposition ressort, en plein cœur de la tourmente émotionnelle engendrée par Caterpillar (encore lui), par Axa, par ING, et toutes les autres restructurations qui font tourner à toute vitesse le compteur des pertes d’emplois. 12.000 depuis le début de l’année. Cela vaut bien une loi. Oui, mais laquelle?

L’une des propositions mises sur la table par Peeters et certains députés relève de la pure com’: obliger les patrons à rendre des comptes devant le parlement lors d’une restructuration ne servira pas à grand-chose, sinon à donner bonne conscience aux politiques. Le rôle des députés n’est pas de négocier des plans sociaux. Leur rôle est de planter les graines législatives qui feront croître l’entreprenariat, les investissements, et donc l’emploi. Et qui empêcheront donc qu’on en arrive là…

À l’inverse, imposer la mise en place de plans sociaux viendra au secours des travailleurs fragilisés par la perte de leur emploi. Sauf que… les plans sociaux existent déjà. Dans les entreprises où les syndicats sont présents du moins. Ne nous leurrons pas, dans le cas de Caterpillar ou d’ING, on est aussi sur le terrain de la communication. Certes indispensable. Mais émotionnelle avant tout.

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