Harmoniser les pensions

©Nima Ferdowsi

Lorsqu’au début des années 2000, Frank Vandenbroucke avait introduit en Belgique le concept d’État social actif, l’idée était d’augmenter le taux d’activité et d’allonger la carrière pour pouvoir continuer à couvrir les dépenses de sécurité sociale.

L’appel semble avoir été entendu puisque, dix ans après, les gens travaillent plus longtemps et font des carrières mixtes, enchaînant activité salariée et activité d’indépendante ou de fonctionnaire. Au point qu’aujourd’hui les carrières mixtes comptent pour un tiers des pensionnés.

C’est une évolution positive. Sauf que dans bien des cas, le travailleur qui accepte de flexibiliser sa carrière risque de se retrouver pénalisé en fin de parcours au niveau de la pension. En cause, le manque de coordination entre les différents régimes de pension

Le problème a été épinglé hier par le médiateur des pensions lors de la remise de son rapport annuel au gouvernement. Ainsi, celui qui commence en tant que salarié (sans atteindre une carrière minimum) pour ensuite s’établir comme indépendant ne touchera qu’une pension d’indépendant et perdra ce qu’il a cotisé en tant que salarié. Autre paradoxe, le fait de travailler au-delà de l’âge légal de la pension peut, dans certains cas, avoir pour effet de diminuer le montant de la pension. C’est injuste et même choquant quand on sait que celui qui a chômé toute sa vie pourra, lui, prétendre à une pension complète.

Si on établit des ponts entre les carrières, il doit être possible d’établir des ponts entre les régimes de pension. Invoquer la complexité qui découle de l’implication de plusieurs administrations dans le processus, c’est se moquer du monde. Les moyens informatiques modernes sont là pour résoudre ces questions.

Certes, on devine que pour l’État, mettre de l’ordre dans tout cela et payer à chacun la pension à laquelle il a droit, risque de coûter cher. Mais il faut un minimum de cohérence. On peut difficilement demander aux gens de travailler plus longtemps et de mener des carrières flexibles si, au bout du compte, ils y perdent au niveau de leur pension. C’est une question d’efficacité et d’équité.

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