Jeunesse lève toi

Youth For Climate, le mouvement s’étoffe

Ils étaient 12.500. 12.500 élèves du secondaire à battre le pavé par un jeudi pluvieux et glacé. 12.500 à venir de tous les coins du pays. 12.500 à braver l’interdit. 12.500 à se réunir, s’organiser, scander.

12.500 à demander que le pouvoir politique s’empare enfin du problème climatique. "Les scientifiques continuent de dire que nous creusons notre propre tombe, mais personne ne fait rien." Alors, ils ont décidé de faire quelque chose. De brosser tous les jeudis de cours. De s’inscrire dans le mouvement lancé de Stockholm par une ado de 16 ans et qui a percolé jusqu’à la COP24.

12.500 élèves marchent pour le climat, "un signal incroyable"

Et que leur répond-on à cette jeunesse qu’on présente toujours comme désabusée et virtuelle à l’extrême? "Vous voulez manifester? Très bien, mais faites-le en dehors des heures de cours!"

Est-ce vraiment la réponse qu’on veut donner à ces jeunes qui s’inquiètent de l’état du monde dans lequel ils vivront demain? C’est un peu court!

D’ailleurs, la réplique des students n’a pas tardé: "Pourquoi devrions-nous continuer à aller à l’école s’il n’y a pas d’avenir pour nous?" Nouvelle réponse d'une frange du corps professoral: "Vous allez rater des heures de cours, avoir un retard sur le programme."

A nous maintenant d’entrer dans le débat. Du retard sur le programme? Il y a peut-être du mou à trouver dans le nombre d’heures de fourche ou les jours blancs. Quelques heures d’absence pour se lever pour le climat? On dit: "Bravo, continuez, amplifiez le mouvement!"

Brosser les cours pour le climat? C’est une journée de gagnée, pas de perdue.

Car chers élèves, vous aurez appris davantage par ce mouvement que sur les bancs de l’école. Vous aurez appris à organiser un événement de masse. À rassembler le Nord, comme le Sud, autour du climat (ce qui semble compliqué au niveau politique). Vous vous serez confrontés à la vie civile. Et espérons-le, vous aurez apporté votre pierre à l’édifice de l’urgence climatique. Alors pour nous, brosser un jeudi de cours pour le climat, c’est une journée gagnée. Non une journée perdue. Vos enseignants devraient le comprendre.

L'action 'Youth For Climate' dans les rues de Bruxelles, le 17 janvier 2019. ©BELGA

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